Carine Bécard.

François Hollande et Manuel Valls affichent de plus en plus une politique social-libérale. Seulement, existe-t-il un électorat social-libéral en France ? A 14 mois de la présidentielle, la question mérite d'être posée.

Et la réponse est oui ! Oui, bien sûr, il existe un électorat social-libéral en France. Au sein du parti socialiste, il est extrêmement minoritaire. Il se situe autour de 5%. Le score qu'avait enregistré Manuel Valls, à la primaire du PS, il y a un peu plus de 4 ans... Maintenant, à y regarder de plus près, c'est un électorat qui a tendance à croître - petit à petit, pour l'instant - mais il n'empêche ! De plus en plus de députés par exemple de la majorité reconnaissent qu'il faut réformer et s'interrogent, sur les 35 heures, sur la nécessité de mettre en place un contrat unique - bref, sur d'éventuels leviers qu'il faudrait bouger.

Même chose du côté - non plus des députés - mais des électeurs socialistes... Ils seraient près d'un sur deux - c'est ce que révèle une étude de l'Ifop, publiée l'an passé - à souhaiter une ligne réformatrice pour le pays. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont d'accord avec l'avant-projet de loi El Khomri, tel qu'il est ficelé aujourd'hui... Mais ils estiment que certaines mesures, désormais, doivent être prises. Notamment, des mesures qui soient un peu moins fondées sur le principe de "redistribution". C'est une valeur d'ailleurs, dont on constate qu'elle est en net recul au sein de l'électorat socialiste.

Il y a donc comme un début de changement d'état d'esprit même si tous ces gens ne se revendiquent pas du social-libéralisme. Non, ils constituent plutôt un électorat moins idéologisé, plus pragmatique, qui considère que ce qui compte, c'est ce qui marche ! S'il y a des résultats, on vote pour ces politiques-là.

Mais c'est justement tout le problème de Valls et d'Hollande... Des résultats, ils n'en ont pas... ?

Non, ou très peu... En tout cas, pas avec le pacte de responsabilité. Pas non plus avec la loi Macron. Et il serait illusoire d'en espérer - avant la fin du quinquennat - avec la future réforme du code du travail. Tous ces grands chantiers, en réalité, ont été lancés bien trop tard par François Hollande.

Et donc, sans succès tangibles effectivement, ni le Président - s'il décide d'être candidat l'an prochain -, ni son Premier ministre - s'il devait le remplacer - n'arriveront à mobiliser la plus grande partie de cet électorat, qui risque du coup d'être capté par la droite... celle d'Alain Juppé, ou celle de François Bayrou si c'est Nicolas Sarkozy qui remporte la primaire...

En fait, avec sa politique - de plus en plus - clairement social-libérale, Manuel Valls fait le pari de l'avenir... Il fait le pari de récupérer - plus tard, après 2017 - tous ces électeurs-là parce qu'il est persuadé que la société en France est en train de se droitiser... suivant le mouvement, il est convaincu que le parti socialiste se déportera, lui aussi, progressivement sur sa droite... pour devenir - comme lui l'est déjà - social-libéral !

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