Benoit Hamon et JL. Mélenchon se présenteront donc séparément…

Oui, maintenant les choses sont claires : vous avez réussi, Monsieur Hamon, à rallier les écologistes qui pesaient électoralement entre 1 et 2%. Mais, alors que JL. Mélenchon et vous-même portez le même diagnostique sur la nécessaire conversion de la gauche vers l’éco socialisme, vous proposez deux candidatures d’apparence assez voisines ! Il faudra expliquer aux électeurs de gauche qui attendaient depuis longtemps cette conversion (ou à ceux qui l’acceptent finalement en écoutant vos arguments) pourquoi vous vous interdisez la route vers le 2nd tour et donc possiblement vers l’Elysée en l’empruntant à deux !Vous avez été désigné par la primaire sur un discours de frondeur, vous avez aussi su dépasser la simple critique en proposant une vision qui prend donc en compte l’urgence écologique et le bouleversement de la notion de travail dans la société numérisée qui vient. Mais vous êtes quand même le candidat du PS ! Et le PS c’est aussi les sociaux-démocrates, les vallsistes, les hollandais, les socialistes plus classiques qui croient toujours que le travail et le revenu doivent être liés, qui pensent que la maîtrise de la dette est la condition de notre souveraineté. En d’autres temps, le PS était la force principale de la gauche. Une force d’attraction. Tout, à gauche, s’organisait autour de lui ! Aujourd’hui, vous êtes le candidat d’un parti divisé sur l’appréciation même du bilan de son passage au pouvoir. Alors si en d’autres temps c’était au PC, aux écologistes, aux radicaux de rallier le PS, l’état de faiblesse de votre parti, grâce auquel vous avez remporté la primaire, renverse la situation : c’est à vous de choisir : préférez-vous être le candidat d’une gauche alternative, écologiste, pour concurrencer JL. Mélenchon sur ce même terrain ou préférez-vous réunir tout le spectre politique qui a participé à la primaire ? Ce qui serait logiquement le mandat du vainqueur de cette compétition. Pour l’instant, le flanc droit du PS (son électorat au moins) va chez Macron, ou lorgne vers lui. Une bonne partie des socialistes (élus ou électeurs) de ce PS qui, au bout du compte, ne rougit pas du bilan, n’est pas vraiment avec vous, malgré votre organigramme aux apparences rassembleuses.

Benoit Hamon ne peut donc pas être un point d’équilibre entre les gauches ?

Pour l’instant non… à moins que Benoit Hamon ne démontre que les électeurs de la gauche hollando-vallsiste et ceux de JL Mélenchon ne sont pas irréconciliables, il ne semblait pas en mesure de les rassembler. Les offres mélenchonnienne et macronniennes sont –jusqu’ici- trop puissantes et attractives pour permettre à Benoit Hamon de prendre son envol. Alors Benoit Hamon, maintenant que le débat des alliances est clos, allez-vous tenter de siphonner l’électorat de JL.Mélenchon par un discours de gauche alternatif qui prône une VIème République et une croissance verte ? Ou alors voulez-vous tenter d’endiguer la fuite des modérés de votre parti ? Le plus probable c’est que vous me répondiez que vous allez creuser le sillon hamoniste, que votre offre politique novatrice et originale, votre personne, suffisent à créer une dynamique pour gagner en mai… Mais alors là, vous serez en contradiction avec votre positionnement anti-homme providentiel. Pour commencer…pouvez-vous nous définir ce que JL.Mélenchon appelle le « code de respect mutuel » que vous avez scellé, semble-il, lors de votre diner vendredi soir ?

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