La Toussaint est l'occasion d'évoquer quelques "saints" - entre guillemets - en politique. La Toussaint, à ne pas confondre avec la fête des morts, ça c'est demain. Aujourd'hui, il s'agit effectivement de célébrer tous les saints. Et en politique, on a le choix. Mais en la matière, il nous a semblé que celui qui aujourd'hui avait derrière lui la plus grande auréole, celui qui fait preuve de la plus grande abnégation, celui qui ouvre la processsion des saints en politique, et bien c'est... François Hollande ! Imaginez ce que le premier secrétaire du PS vit actuellement, que dis-je endure. Cet homme qui tient le parti depuis près de 10 ans. Cet homme qui fait 12 000 km par an pour tourner de fédérations en fédérations, qui n'a raté aucun banquet républicain, aucune fête de la rose. Cet homme qui s'est retrouvé très seul, un soir d'avril 2002, quand la défaite survenue, le candidat eut disparu. Cet homme qui a redonné le goût de la victoire aux socialistes, élu homme politique de l'année en 2004 pour couronner ses succès électoraux. Cet homme qui a même survécu à la fracture de son parti sur l'Europe. Cet homme qui forcément, se voyait en candidat naturel de son camp pour 2007. Et bien cet homme là doit aujourdh'ui laisser sa place à un autre, et a priori à une autre. Pas question de glosser à l'infini sur les difficultés à devenir M Royal, ce dont il se défend d'ailleurs. Pas question non plus de s'apitoyer sur son rendez-vous manqué avec l'histoire, l'humour sert de carapace à François Hollande et jamais il ne laisse affleurer en public le moindre regret. Mais convenons que la situation est inédite, et qu'aujourd'hui que les choses en sont là, et bien François Hollande est dans une posture impossible. Les adversaires de Ségolène Royal le soupçonnent d'avoir ourdi la candidature de sa compagne contre eux, et l'accusent de partialité. Ses amis à l'inverse, lui reprochent de ne pas soutenir sa femme plus ouvertement. Pris aujourdh'ui entre le marteau de ceux qui le considèrent comme l'homme le plus roué de la terre, Lionel Jospin a rejoint ce camp là, et l'enclume d'une candidate qui ne saurait lui pardonner le moindre manquement, François Hollande tente de survivre, comme à son habitude tout en souplesse, en sourires et en sous main. En ce moment, il parait que sa phrase préférée c'est "tu pourrais pas lui dire toi à Ségolène que..."; non que le couple ne se parle pas, mais c'est dire la difficulté qu'il y a à être compagnon et compagnon de route d'une candidate. Et après ? Si la candidate devenait présidente ? La vie de François Hollande n'en serait guère simplifiée. C'est quoi, devenir le premier monsieur de France, comment dirait-on d'ailleurs ? D'ailleurs, la seule chose qui ne le fasse pas rire, ce sont les allusions à son futur rôle de "monsieur pièces jaunes". On a beau être saint, faire preuve d'abnégation et de don de soi, il y a des limites.

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