Par Jean-François Achilli.

En ce jour de Toussaint, vous nous parlez des disparus de la présidentielle.

Vous savez que la Fête des morts en France, c’est le 2 novembre, demain donc. Et c’est la tradition, nous profitons tous du jour férié qui la précède pour aller fleurir nos tombes, honorer la mémoire de ceux qui nous ont quittés.

D’où cette pensée ce matin pour ces grandes figures qui ne sont plus dans le match présidentiel, et que leurs militants regrettent déjà. Je tiens à vous rassurer : le lien entre cette chronique et la Toussaint n’est que purement symbolique.

Au premier rang des grands disparus de 2012, figure bien évidemment Dominique Strauss-Kahn. L’ancien directeur du FMI n’était même pas candidat qu’il avait déjà remporté l’élection présidentielle. Sa trajectoire s’est brisée un an avant le scrutin. DSK, champion hors catégorie, à tous points de vue, émarge aujourd’hui à la rubrique faits divers.

Hors course également, celui qui voulait faire renaitre l’UDF de ses cendres: Jean-Louis Borloo a organisé lui-même sa propre sortie de route, jetant l’éponge il ya un mois déjà, dans le journal de Claire Chazal, sans prévenir ses amis, mais devant 7 millions et demie de téléspectateurs.

Parmi les favoris qui n’auront effectué qu’un tour de piste, il faut se souvenir de Nicolas Hulot, pourtant très populaire, mais pas chez les Verts. L’autogyre de l’animateur vedette d’Ushuaia s’est crashé lors de la primaire écologiste. Nicolas Hulot s’en est allé prendre un repos bien mérité, loin du tumulte de la vie politique.

Il faut évoquer enfin le retrait volontaire d’Olivier Besancenot, ex-enfant prodige de l’anticapitalisme, qui a tourné le dos à la présidentielle, après les revers électoraux du NPA.

Quatre poids lourds de chute, l’année précédant le scrutin, c’est sans doute inédit dans l’histoire de la Vème République.

Voilà pour les grands disparus. Il y a aussi… les revenants.

Comme dans un conte d’Halloween, lointain héritage celtique, vous avez ceux qui reviennent éternellement, à l’image de Jean-Pierre Chevènement, qui n’est pas encore candidat, mais dont les affiches fleurissent déjà sur les mûrs. Jacques Cheminade, auteur d’un mythique 0,27% au premier tour en 1995, est également de retour, avec sa lanterne à la main.

Ils ne seront pas seuls parmi les ombres qui vont peupler la campagne, et qui font peser une menace sur les grands favoris, adeptes de la bipolarisation de la vie politique, et qui redoutent d’être frappés à leur tour par la malédiction du 21 avril.

Au final, à y réfléchir de plus près, la date pour porter un regard sur ces grands disparus de 2012 n’était peut-être pas la mieux choisie. Vous connaissez ce vieux principe, qui n’est pas un cliché : en politique, personne n’est jamais vraiment mort.

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