Par Carine Bécard.

La bataille pour la présidence de l'UMP est suspendue aujourd'hui... Fait rare, ni Copé, ni Fillon n'ont prévu de meeting le jour de la Toussaint, par respect pour leurs militants... Des militants que l'on distingue, depuis le début de la campagne, aux sympathisants du mouvement. Or, à y regarder de plus près, ils ne sont peut-être pas si différents…

Depuis le départ, c'est un des arguments "clé" de Jean-François Copé. Il s'est auto-proclamé le "candidat des militants" par opposition au "candidat des barons" - l'expression est de lui aussi - une manière de se moquer de François Fillon, de tous ses soutiens d'élus locaux... Manière aussi de souligner que tous les sondages qui annoncent l'ex-Premier ministre largement gagnant, sont des sondages d'opinion... donc de sympathisants du mouvement, pas des sondages de militants... Or, ce sont eux, et eux seuls, qui voteront le 18 novembre prochain.

Et il faut dire que Jean-François Copé, "candidat des militants", l'argument a pris... Parce qu'on estime, en général, qu'un citoyen qui décide d'adhérer - qui franchit le pas - a nécessairement des convictions plus fortement chevillées au corps... Qu'il est probablement plus radical dans ses choix, ses pensées, plus en colère, un peu plus à droite donc, que la plupart des électeurs UMP... bref, plus décomplexé. Et si l'on pousse le raisonnement jusqu'au bout, cela signifie que moins il y aura de militants qui voteront, plus ce seront a priori les plus durs, les plus convaincus qui se rendront aux urnes... Et plus Jean-François Copé a donc de chance de faire un joli score.

Si je vous suis bien, François Fillon a quasiment perdu ?

Non ! Et pour 3 raisons. D'abord, c'est la première fois qu'à l'UMP, une véritable compétition est organisée entre deux candidats... Cette toute nouvelle "démocratie interne" peut attirer bien des adhérents... des nouveaux... de ceux qui habituellement ne vont pas forcément voter. En 2004 par exemple, Nicolas Sarkozy est élu président de l'UMP (il était le seul candidat) avec guère plus de 50% de participation. Là, du coup, ils peuvent avoir envie de s'exprimer !! Ces militants-là, sont sans doute plus proches - dans le comportement, dans le raisonnement - des sympathisants...

Ensuite, l'UMP est un parti de gouvernement, cela signifie que le représentant, le "chef" que les militants vont élire devra aussi pouvoir séduire - un jour ou l'autre - une partie des Français. C'est ce qui s'est passé lors de la primaire socialiste. Martine Aubry pouvait plaire, François Hollande pouvait gagner. Les électeurs ont préféré le second à la première. Là encore, on est donc bien plus près du raisonnement du sympathisant que du comportement du militant.

Et puis enfin, un électeur - militant ou pas - est souvent tenté de changer d'opinion et de donner raison au dernier qui a parlé. C'est justement là, où nous en sommes dans la campagne. A 15 jours de la fin, chaque candidat cherche à convaincre - presque un par un - chacun des 270 000 militants. C'est pour cela que Copé et Fillon en sont aujourd'hui à près d'une dizaine de meetings par semaine... François Fillon est donc peut-être le candidat des barons... Mais Jean-François Copé n'est pas le candidat des militants...

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