Par Frédéric Métézeau.

"Bayrou l'emmerdeur" figurait à la une du Point il y a 5 ans tout juste le 3 novembre 2011. Cinq ans plus tard, cela reste d'actualité. Il emmerde tellement Nicolas Sarkozy que l'ancien président a commis deux erreurs de débutant. En effet, il a remis Bayrou... au centre ! Au centre des débats, au centre du jeu, au centre de la primaire alors que le MODEM ne participe pas et que François Bayrou n'y votera même pas. Tout au plus - mais c'est l'essentiel - François Bayrou souhaite-t-il la victoire d'Alain Juppé.

La une du Point, le 3 novembre 2011
La une du Point, le 3 novembre 2011 / LE POINT

C'est bien cela qui rend furieux Nicolas Sarkozy. Il estime qu'une "quelconque alliance entre le vainqueur de la primaire et François Bayrou" est "injustifiable"... Poil à gratter et personna non-grata, le maire de Pau est accusé d'avoir "fait entrer la France dans le socialisme", c'est l'autre erreur de Nicolas Sarkozy : donner à François Bayrou plus d'importance qu'il n'en a... Lui donner quasiment des super-pouvoirs, en votant à titre personnel pour François Hollande en 2012 il aurait carrément assuré sa victoire avec plus d'un million de voix d'avance.

Et selon vous, ce ne sont pas les seules erreurs de Nicolas Sarkozy ?

Que la stratégie électorale de François Bayrou aux niveaux local et national soit assez difficile à suivre depuis 2007 est une certitude. Mais Nicolas Sarkozy bloque sur un élément secondaire de la campagne d'Alain Juppé. Les juppéistes le rappellent : Bayrou ne fait pas partie de son équipe, rien n'a été négocié avec le MODEM, ni postes ni investitures.

Autre, erreur, plus profonde, l'UMP devenue Les Républicains était censée rassembler des gaullistes, des libéraux et des centristes. En 2002, seule une poignée de centristes autour de Bayrou avait refusé la fusion souvenez-vous quand il déclarait "si nous pensons tous la même chose c'est que nous ne pensons plus rien". Il en avait tiré les conséquences en allant à la présidentielle contre le candidat de l'UMP en 2007 et 2012 mais aujourd'hui, il pense comme Juppé le président-fondateur de l'UMP et même il ne se présentera pas s'il remporte la primaire. Quinze ans après la création de l'UMP, Bayrou rentrerait dans le moule, ce serait le triomphe du logiciel UMP avec pour la première fois sous la Vème République un candidat unique de la droite et du Centre.

Mais cela ne plaît pas à Nicolas Sarkozy qui voit en Bayrou un sous-marin de la gauche. Le même Sarkozy qui a nommé Martin Hirsch, Fadela Amara, Eric Besson, Frédéric Mitterrand et Bernard Kouchner au gouvernement, Michel Charasse au conseil constitutionnel, fait voter socialiste contre Bayrou aux municipales de 2008 et vu sa révision constitutionnelle adoptée d'une voix grâce à Jack Lang. Cela ne plait pas non plus au président du parti LR Laurent Wauquiez qui a fait liste commune avec le MODEM aux dernières régionales.

Cinq ans après, Bayrou n'a pas fini d'emmerder Sarkozy.

Mais à la place d'Alain Juppé, il y aurait de quoi se méfier d'un allié aussi en... combrant !

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