Comment remplacer les 73 élus britanniques qui quitteront le Parlement européen Brexit oblige ?

Les prochaines élections européennes auront lieu en 2019 et Emmanuel Macron a son idée : élire 73 eurodéputés à partir de listes transnationales...

Dans la colonne des plus, la dimension réellement européenne des élections européennes... Beau symbole qu’une liste avec des candidats français, allemands, italiens, danois, maltais, finlandais, letton... Belle idée que de voir des partis politiques enjamber les frontières pour trouver des idées communes... Mais la colonne des moins est bien plus remplie... L’abstention grandissante aux Européennes s’expliquerait entre autres par un sentiment d’éloignement des élus et de leur terre d’élection... Et pardon pour nos voisins européens mais il n’est pas sûr qu’une liste conduite par un allemand, un italien, un danois, un maltais, un finlandais, un letton soit de nature à re-mobiliser un électeur français… Et vice-versa, bon courage à une tête de liste française pour susciter l’adhésion en Allemagne, en Italie, au Danemark, à Malte, en Finlande ou en Lettonie... 

Mais il n’y a pas que les femmes et les hommes qui comptent… Il y a aussi les idées, les projets, les propositions ? 

Et là encore bon courage... En théorie il existe bien une droite européenne puisqu’il existe un groupe de droite à Strasbourg, le PPE, mais il faudrait dire le groupe des droites... Au PPE siègent ensemble la CDU d’Angela Merkel la démocratie chrétienne pro-européenne libérale, Les Républicains français qui se cherchent une ligne mais aussi le Fidesz hongrois de Viktor Orban (quasi d’extrême-droite et raciste) ou Forza Italia de Silvio Berlusconi... Les sympathisants LR seront-ils ravis de voir des idées berlusconiennes ou orbaniennes sur leur liste de droite ? A voir…

Idem à gauche en Espagne, en Grèce, en Italie, en France les partis socialistes sont bien mal en point, seul surnage le SPD allemand très social-démocrate… Sa ligne sera-t-elle du PS français en plein marasme ? Même question chez les Verts devenus un micro-parti gauchisant en France mais qui négocient avec Angela Merkel pour gouverner avec elle... 

Le risque pour tous ces vieux partis de gouvernement vaguement cousins est de sur le plus petit dénominateur commun et puis, même si l’idée vient d’Emmanuel Macron lui-même c’est pour En Marche que le défi sera le plus grand... A moins que des Marcheurs ne se révèlent dans les autres pays, En Marche n’a pas d’équivalent ailleurs en Europe, sauf à s’allier avec des vieux partis et à rompre avec le « de droite et en même temps de gauche »… 

Finalement, ce sont les moins fédéralistes qui pourraient constituer le plus facilement des listes transnationales : le weekend dernier à Athènes Jean-Luc Mélenchon a annoncé une liste du « plan B pour l’Europe » aux prochaines européennes… On verra si le Front National fait de même en présentant en France des candidats d’une autre nationalité…

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Illustration pour "Histoires politiques" © Radio France
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