Ce matin vous traitez d’un sujet qui –en toute rigueur- ne devrait pas faire l’objet d’un édito !

Oui ! Mais comme aujourd’hui c’est un jour férié et que ce sujet c’est, justement, les vacances du président… je m’autorise cette licence…Sujet, qu’effectivement, nous avons décidé de ne pas traiter dans nos journaux. Le président aurait un coup de fatigue. Officiellement, à l’Elysée, on dit plutôt que ‘l’on gère son effort’! Une périphrase qui confirme qu’Emmanuel Macron a besoin de se reposer mais n’ose pas l’assumer !  Tout ça pour expliquer que depuis hier midi et jusqu’à samedi soir l’agenda présidentiel est vide… Emmanuel Macron est en famille. Bien sûr, l’Elysée nous rassure en nous expliquant qu’il est toujours entouré de personnels capables de le mettre en contact instantanément avec la terre entière ! Ouf… Le président n’est pas une machine… l’Etat ne s’arrête jamais mais vouloir que l’homme qui est à sa tête fasse de même équivaudrait à dire que sans lui l’Etat ne serait plus. Le président n’est pas le roi soleil, l’Etat, ce n’est pas lui… Il peut et doit se reposer !… Le fait même que ce soit un sujet souligne l’état d’hystérie du débat permanent créé sur les réseaux sociaux et l’info continue.

Que dire de plus sur ce non-sujet ?

C’est l’occasion de rappeler que les prédécesseurs d’Emmanuel Macron savaient se reposer (sauf peut-être François Hollande). Et personne, dans ce pays qui prétend être la patrie de l’art de vivre, personne ne le leur reprochait… pas une semaine sans que l’on apprenne, par la bande (pas par le porte-parole de l’Elysée, qui n’existait d’ailleurs pas) que François Mitterrand, alors qu’une crise au Proche-Orient enflammait la communauté internationale ou que le 1e ministre se débattait avec les représentants de l’école privé… bref, que l’actualité battait son plein, que l’on apprenne donc que François Mitterrand passait l’après-midi avec Pierre Bergé à chiner chez les bouquinistes, à la recherche d’une édition rare de Chateaubriand. On pouvait aussi, par une indiscrétion, savoir qu’il avait passé 4 jours chez un ami dans un manoir en Ardèche. Un hélicoptère de la flotte présidentielle l’y avait déposé. Sans parler des jours sans nouvelles de lui, où il était réfugié chez son autre femme et sa fille cachée. Jacques Chirac a pu aussi faire quelques escapades au Japon, sans que ce soit à l’agenda, pour assister à une rencontre de sumos. Nicolas Sarkozy a passé de longs week-ends, discrètement, à la Lanterne à Versailles.  De Gaulle, Pompidou et Giscard avaient aussi des agendas parsemés de plages blanches… ils travaillaient beaucoup mais savaient se ménager des moments de tranquillité. Aucun portable, aucune messagerie cryptée ne venait les harceler. Une ordonnance et un conseiller, avec un téléphone à proximité, veillait au tumulte du monde. Mais ces hommes, de de Gaulle à Macron, ne cessent jamais d’être président. C’est une charge permanente et écrasante. Ce ne sont pas des surhommes : il est heureux qu’Emmanuel Macron (qui n’est pas le dernier à se surestimer) s’en rendent compte… prennent quelques jours de repos mérités et nécessaires… qui, en plus, m’ont fourni une chronique… 

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