**Aujourd’hui, les militants du PS sont appelés à voter pour donner leur avis sur le projet de rénovation de leur parti.Oui et Martine Aubry nous a dit hier qu’elle espérait que 45% des militants participent à cette consultation. La barre est donc placée vraiment très basse pour des électeurs supposés s’intéresser quelque peu à la politique. C’est un peu comme si l’entraineur de l’équipe de France d’athlétisme nous déclarait qu’il aimerait bien que son champion de saut à la perche arrive à sauter 1 mettre 12. C’est dire si le PS a besoin de rénovation parce que l’une des raisons de cette participation modeste que redoute la direction vient principalement d’une mesure proposée : le non cumul des mandats, vécu par les barons locaux comme une opération de « débaronnisation » du PS. Et ils sont nombreux, les barons dans ce parti, champions des élections locales. Ces derniers jours, ils ont mené, en douce, auprès des militants, une campagne du style « le non cumul c’est bien mais pas pour ici. Si je ne suis plus député et maire, on risque de perdre les deux »! C’est un raisonnement qui se tient, non ?Pour un élu dont le but premier est d’être réélu peut-être mais du point de vue d’un militant qui voudrait que les élus soient disponibles et accessibles, ça ne devrait pas tenir. Un conseiller général ou régional devrait consacrer tout le temps prévu par la loi pour ce travail. Il y a des indemnités pour ça…l’un des arguments régulièrement avancé est le suivant : un député a besoin d’un mandat local en plus pour bien se rendre compte de la situation du pays réel et sortir un peu de Paris ! Ce raisonnement à un effet pervers qui est que le parlementaire finit par raisonner comme un élu local, qu’il en vienne à penser à sa circonscription avant de penser à légiférer pour tous, qu’il se dépense à obtenir une rocade pour contourner sa sous préfecture plutôt que de participer au travail, long et ardus et sans éclat du contrôle de l’exécutif ou de la fabrication des lois en commission. Les députés ne sont pas élus de leur circonscription mais par leur circonscription, ce n’est pas pareil. Ce ne sont pas des élus locaux mais des élus de la nation. Mais contrairement à ce que pourrait laisser penser cette charge contre les cumulards, ce ne sont pas eux qui sont les premiers responsables. Ce sont les militants, d’abord qui les désignent à la candidature et ce sont les citoyens qui se comportent avec leurs députés comme si c’était un élu local. Quand on écrit à son député ce ne devrait pas être pour lui soumettre un problème personnel ou local (il y des élus locaux pour ça) mais éventuellement pour lui demander des explications de vote sur un sujet national. Il ne devrait pas y avoir de permanence de député dans sa circonscription. Une fois élu, il devrait même oublier sa circonscription pour mieux penser à l’intérêt général. Le cumul et ses petits avantages stratégiques et confortables est en réalité une pratique anachronique qui est en train de se ringardiser. Nicolas Sarkozy qui fut un grand toxicomane du cumul l’a bien compris, surtout maintenant qu’il n’en a plus besoin. Il demande à ses ministres qui voudraient être président de région de choisir. Ségolène Royal l’a perçu très tôt et Martine Aubry engage son parti, contre ses barons, dans cette voie. Pour bien se figurer l’évolution des mentalités dans ce domaine il faut rappeler une situation qui paraitrait aujourd’hui complètement absurde : celle de Jacques Chirac en 1979 : il était Maire de Paris, donc président du conseil général qui va avec, député de Corrèze,( à 500 kilomètres de Paris), président du conseil général de Corrèze (donc de fait à la tête de deux départements), président de tout un tas d’organismes qui vont avec ses multiples mandats et avec tout ça cette même année il est élu député européen ! Il démissionne quand même dès le lendemain de cette fonction…bref il n’a vraiment exercé aucun de ses mandats. Mais le problème c’est que ça ne s’est vu qu’après !**

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