Ce matin, vous vous intéressez à la question de l’autorité de François Hollande. Une autorité qui, dit-on, ferait défaut…

Oui, et selon les grands spécialistes de la communication politique (qui sont à la politique ce que les astrologues sont à l’astronomie), c’est ce manque d’autorité qui plomberait le quinquennat du Président. C’était à la Une de Libération hier, du Parisien et du Figaro de ce matin ! Mais on peut soutenir exactement l’inverse… c’est d’ailleurs ce que je vais faire : ce ne serait pas le manque d’autorité (qui reste encore à démontrer) qui rendrait le Président impopulaire mais plutôt le résultat de sa politique, notamment sur le front du chômage, l’augmentation des impôts, le ratage de l’application des nouveaux rythmes scolaires, la refiscalisation des heures supplémentaires, l’impuissance publique en général. Réclamer plus de tranchant, plus d’autorité est tentant. Mais est-ce par manque d’autorité qu’il n’y a pas eu de vraie réforme fiscale, comme ça avait été annoncé pendant la campagne, ni une puissante réforme des retraites, ni une politique de transition écologique plus ambitieuse ? … Faut-il un marteau plus lourd pour faire entrer un clou dans une poutre en fer ? Il n’est pas sûr du tout que plus d’autorité, plus de pouvoir personnel, plus de capacité à décider vite et seul aient abouti à de meilleurs résultats.

Vous savez ce qu’on dit : « Nicolas Sarkozy savait trancher, lui ! »

C’est en tout cas l’impression qu’il donnait ! Il parlait clair, fort et tout le temps… Pourtant rien de ce qui reste à faire, n’a (par définition) été fait. Et d’ailleurs, aujourd’hui le débat au sein de l’UMP sur l’inventaire souligne surtout l’impressionnante somme des réformes pas faites. Faire, en démocratie, ce n’est pas dire…ni même décider… c’est plutôt faire accepter. On cite souvent Angela Merkel comme une nouvelle « dame de fer » à qui tout réussit. Mais les chanceliers allemands ont beaucoup moins de pouvoir qu’un Nicolas Sarkozy péremptoire ou un François Hollande hésitant ! Ils doivent composer avec les Lander et l’opposition. Merkel et Schröder ont su, dans le cadre de leurs institutions faites pour ça, négocier, faire accepter leurs réformes. Réformes bonnes ou mauvaises, c’est un autre débat, mais réformes qui, une fois votées étaient d’autant mieux appliquées qu’une très large part du spectre politique s’en sentait à l’origine ! Le fait que le président ne tranche pas (pour le moment) la controverse Valls/Duflot par exemple, pèse t’il plus sur sa popularité que les impôts et l’absence du « changement maintenant » qu’il avait promis ? Les communicants, et ceux qui commentent la communication, plus que la politique, préfèrent croire que la communication est plus importante que les résultats tangibles. La seule erreur de communication de François Hollande c’est d’avoir dit, avant l’élection que le changement serait immédiat. Ça mettait le cap de sa politique au bout du quai ! Bien sûr ce n’est pas une erreur mais c’est une stratégie… Une stratégie qui lui a permis de gagner…mais qui l’empêche de gouverner.

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