Laurent Wauquiez confirme au Figaro ce matin qu’il sera candidat à la tête de Les Républicains… c’est la promesse d’un ancrage très à droite pour ce parti.

Laurent Wauquiez représente une droite très conservatrice et autoritaire. Le président de la Région Auvergne Rhône-Alpes dit vouloir que la droite s’assume sans faiblesse ni mollesse centriste, une droite, menton haut bien assise sur ses valeurs les plus traditionnelles. Ce n’est pas la 1ère fois qu’un candidat à la tête du parti (RPR, UMP ou LR) se présente sur la fierté d’être de droite et en appelant ses compagnons à ne pas se laisser intimider… (Rappelons à nos plus jeunes auditeurs que le mot « compagnon », avant de désigner le conjoint, dans un couple homosexuel masculin, était le terme utilisé entre gaullistes –comme camarade pour les communistes) donc bien d’autres leaders –disais-je- ont enfourché le cheval de ladite « droite décomplexée ». C’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy qui avait inventé ce terme. C’est un discours obligé pour accéder à la tête d’un parti dont les quelque 200.000 militants, plutôt âgés, sont beaucoup plus conservateurs, voire réactionnaires, que l’ensemble de l’électorat potentiel de ce camp qui comprend, en réalité, énormément de modérés. Laurent Wauquiez y va donc de bon cœur dans l’identitaire, la dénonciation du communautarisme partout, sans pourtant oublier de rappeler le plus souvent possible –s’appuyant sur les inspirateurs de la Manif Pour Tous- les valeurs chrétiennes de la France, puisque ce sont les militants qui choisissent le chef, pas les électeurs. J.Chirac et donc N.Sarkozy, en leur temps, avaient pris le leadership de leur parti sur ce type de positionnement très dur.

Avant de recentrer dans un second temps pour élargir leur base électorale

Oui, ils ont ainsi accédé à la tête de leur parti à la hussarde, en hommes forts et bien à droite, puis effectivement, ils ont gagné la présidentielle, en 95 avec le thème quasi-gauchisant de la fracture sociale, et en 2007 en citant Jaurès et avec une promesse d’ouverture, donc en se recentrant… C’était à la fois efficace et tout à fait dans l’esprit de la présidentielle rassembleuse à la française. C’est une trajectoire classique donc mais qui sera très compliquée à emprunter pour Laurent Wauquiez, si toute fois il en avait l’intention. D’abord parce qu’il n’a cessé de dénoncer lui-même ces revirements qui ont fini par se voir et ont –dit-il, avec raison- participé à la dé-crédibilisation du politique et surtout parce que le champ d’élargissement de sa base électorale, une fois à la tête de son parti, se trouverait parmi les électeurs du FN, qu’il revendique d’ailleurs de séduire en faisant des pas idéologiques et programmatiques vers eux. L’élargissement vers le centre autrefois pratiqué face à la gauche serait, de toute façon, beaucoup plus compliquée. Il y a maintenant LREM qui s’installe, en force, sur un large espace central et modéré. Donc Laurent Wauquiez à la tête de Les Républicains dans le contexte issu du bouleversement politique du printemps dernier, c’est l’assurance d’une droitisation durable. Voilà donc une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron puisque de son côté, la gauche est tirée vers bâbord, loin du pouvoir, par la France Insoumise, solide et dominatrice, et par un PS toujours en décomposition. Le président dont le parti n’est pas encore au point (c’est le moins que l’on puisse dire) a, à sa disposition, ouvert devant lui, comme la mer devant Moïse, un large espace idéologique sécurisé pour un bout de temps. Le temps peut-être que sa politique produise des effets (si elle devait en produire).

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