Les écologistes doivent-ils présenter un candidat à l’élection présidentielle ? On parle d’Eva Joly.Oui les écologistes se posent des questions et l’équation parait compliquée, jugez-en plutôt : doivent-il préparer un candidat pour 2012, ou doivent-il négocier –contre un soutien au candidat socialiste dés le premier tour- l’obtention d’un groupe parlementaire par des candidatures communes aux législatives qui suivront la présidentielle sachant qu’un groupe parlementaire peut être constitué avec au moins 15 élus, sachant que renoncer à présenter un candidat lors de la campagne reine de la vie politique française ( la présidentielle) c’est passer à coté d’une bonne occasion de faire avancer ses idées…dit comme ça, je sais, ça parait plus complexe que de savoir comment se débarrasser des déchets nucléaires ! En gros peut-on être un mouvement politique qui compte dans ce pays sans avoir de candidat à l’élection présidentielle ? La réponse est non bien sur, donc les écologistes auront, très certainement, un candidat pour 2012. L’idée de Daniel Cohn-Bendit a donc fait long feu. Alors dans la sphère écologiste, qui se compose d’un noyau plus ou moins dur: les verts et d’un halo vaporeux, éparse et multiforme : Europe Ecologie, on se pose la question de savoir qui doit être le candidat. Daniel Cohn-Bendit ne veut pas, Nicolas Hulot n’est pas taillé pour le débat contradictoire (même ses plus proches partisans en conviennent), les caciques Mamère, Voynet, Cochet… ont maintenant une image de caciques verts de la génération précédente. Ça va vite… . La candidate naturelle serait Cécile Duflot mais pour dépasser les bornes habituelles de l’écologie et espérer faire un score qui s’approche des deux chiffres elle n’est pas jugée de taille, pour l’instant du moins. L’idée de lancer le nom d’Eva Joly est donc née dans l’esprit de deux députés européens. Eva Joly laisse dire. Elle est très loin d’être une spécialiste des questions environnementales. C’est un casting surprenant mais qui a sa logique. Ancienne juge, opiniâtre, Eva Joly peut incarner une madame propre de la politique, une idée de l’éthique de la gouvernance transparente. Cette exigence très nordique est vertueuse - peut-elle séduire dans un pays latin ? Le calcul fait par les promoteurs de la candidature Joly est qu’elle représente l’exact contraire, le négatif (en terme photographique) de la version bling-bling du sarkozysme. Eva Joly peut représenter une certaine radicalité de l’éthique, propre à attirer, à la fois des centristes et une partie du vote protestataire, une frange des convaincus du « tous pourris ». C’est donc une drôle d’idée mais qui n’est peut être pas si incongrue que ça. Mais si les écologistes ont un candidat, est-ce que ça veut dire que l’alliance avec les socialistes devra se sceller entre les deux tours de la présidentielle ?Ce serait assez irresponsable. Un déni de démocratie disait Daniel Cohn-Bendit. Ce qui s’est passé entre les deux tours des régionales pouvait s’admettre puisque verts et socialistes constituaient souvent les majorités sortantes et que la région n’a pas de compétences qui recouvrent des sujets sur lesquels les philosophies des deux partenaires se trouveraient en confrontation trop brutale. Pour ce qui est de la présidentielle, c'est autre chose. Les socialistes et les écologiques qui se partagent peu ou prou, sociologiquement, le même électorat, ont des approches radicalement opposées sur des questions cruciales comme l’énergie ou la nature de la croissance. Il faut, pour être crédible et audible, que le PS et les écologistes s’accordent sur ces sujets. Ce ne sera pas simple. Le risque, c’est qu’emporté par l’enthousiasme de leur succès actuel ils sous estiment cette partie, l’accord programmatique. Pour l’instant rien n’est prévu entre les deux formations pour parler de tout ça. Pire ! Personne ne sait encore à quoi va ressembler la future formation écologiste qui devrait remplacer Europe Ecologie et comment seront arrêtées ses propres positions.

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