Ce matin Thomas Legrand fait un drôle de rapprochement, entre deux faits d’actualité du week-end: la démonstration de force réussie des bonnets rouges et le congrès raté - dit-il - d’EELV à Caen…

Oui, pour faire un double constat d’échec. Le constat de l’échec d’un modèle économique et le constat d’un échec d’une organisation politique. Ces deux échecs (d’importance et de conséquences inégales) sont liés parce que si les Bretons se retrouvent dans la situation dans laquelle ils sont, c’est, aussi parce que l’influence de l’écologie politique n’est pas à la hauteur de l’enjeu qu’elle représente. La faute en revient aux écologistes eux-mêmes qui n’ont jamais su s’organiser en force politique efficace et elle en revient à l’ensemble de la société qui n’a jamais voulu prendre au sérieux, ceux qui affirment, depuis les années 70 qu’une partie de notre modèle est obsolète. Un modèle très présent dans la Bretagne qui manifeste aujourd’hui. Un modèle qui n’est plus viable en plus d’être destructeur pour l’environnement. Nous avons vécu, ce week-end la caricature de ce gâchis. En Bretagne les manifestations d’une population angoissée parce que leur économie absurde, énergivore, hyper subventionnée arrive au bout d’une logique… et à Caen, le congrès d’Europe-Ecologie-Les Verts, empêtré dans des questions d’appareil, des affaires de tendances indéchiffrables pour le commun des électeurs, même sympathisants de la cause. Le décalage entre l’importance de la question écologique, son actualité (notamment en Bretagne, mais aussi ce matin avec la contestation de l’écotaxe par les transporteurs) et le mécanisme partisan fermé et nombriliste d’EE-LV, est la preuve de l’incurie de l’écologie politique en France.

Europe-Ecologie-Les Verts serait en crise de croissance ?

Depuis l’émergence de l’écologie politique, au cours des années 80, on dit pour qualifier chaque congrès, chaque crise des Verts, puis d’Europe-Ecologie, puis d’Europe-Ecologie-Les Verts, on dit généralement « qu’ils sont en crise de croissance ». Depuis le temps ça en devient pathétique. Rien de plus exaspérant et même désespérant qu’un eternel ado qui n’en finit pas avec sa crise de croissance, qui n’a jamais l’air de savoir prendre ses responsabilités, même à 30 ans. Comme chez les ados, tout ne grandit pas à la bonne vitesse chez les écologistes. D’un point de vue politicien, on ne peut pas dire qu’ils soient manchots ou immatures… Avec 2% à la présidentielle ils ont quand même obtenu deux ministres et un groupe parlementaire dans chacune des deux assemblées ! Mais politiquement leur influence se dilue dans la crise. Les solutions écologistes apparaissent comme des problèmes en plus, des taxes, des normes. Pourtant les écologistes avaient raison avant tout le monde sur la finitude de la planète, sur le réchauffement climatique, raison avant tout le monde –en l’occurrence et s’agissant de la Bretagne- sur l’absurdité de la forme d’industrie agro-alimentaire qui se meurt… on ne les écoute pas. Va-t-on plus les écouter, les entendre, les comprendre avec Emmanuelle Cosse ? Nouvelle patronne des verts ? Personne ne peut le dire encore puisque personne ne la connaît… Seulement l’impression gênante, au lendemain de ce congrès c’est que son choix est plus le fruit d’une logique d’appareil que d’une prise de conscience de l’urgence qu’il y a à redonner une voix forte à l’écologie politique.

Pour aller + loin

> EELV : un congrès à suspense > Emmanuelle Cosse à la tête d'écologistes divisés EELV : un congrès à suspense > Nouvelle démonstration de force des "bonnets rouges"

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