Ce matin … Un point d’épate macronie s’impose…

Oui, dans notre quête au long court pour définir le macronisme (autant tenter d’attraper une anguille avec des moufles menottées), nous sommes à un moment-clé. Celui où Emmanuel Macron s’aperçoit qu’un espace politique ne s’occupe pas simplement par un casting, des mots et des symboles. 

Et qu’avec l’espace viennent des actes qu’il faut pouvoir assumer. 

Pour occuper le plus large territoire et repousser ses opposants aux marges, le président avait, d’un côté, réinvesti le terrain de l’écologie (après le départ de Nicolas Hulot) en créant la convention citoyenne de Français tirés au sort, pour plancher sur les solutions à apporter au réchauffement climatique.

De l’autre côté, il avait demandé à Gerald Darmanin, figure de la droite sarkozyste, d’occuper le ministère et le terrain de l’ordre. Mais après les petites satisfactions stratégiques qu’offrait ce dispositif malin, vient le temps du concret et donc de la désillusion. 

Parce que sur les champs ainsi investis par ruse poussent des plantes qui correspondent à leurs climats. Ainsi, les 150 tirés au sort ont fait ce qu’on leur demandait : de l’écologie bien bio, bien verte ! Et Gerald Darmanin du sécuritaire bien brut ! 

Et ça ne peut pas marcher ensemble ?    

Ça pourrait éventuellement, (certains pays ont des coalitions droite-écolos, ce sera bientôt sans doute le cas en Allemagne) mais c’est surtout qu’aucun des deux ne peut marcher en lui-même avec une majorité qui n’a pas été élue pour ça, une majorité qui n’est pas une coalition formée en connaissance de cause ! 

Ministres et parlementaires En Marche ne reprendront pas la totalité des conclusions de la Convention climat. Ils démentiront donc le fameux ‘je prendrai tout et sans filtre’ lancé au départ par président. Ils le démentiront d’ailleurs avec son aval, même si la loi qui en sortira sera certainement la plus ambitieuse jamais votée en France sur le climat. On retiendra la partie non exécutée… parce qu’elle avait été promise. 

Quand à Gerald Darmanin… il a fait de la bonne vieille droite

'Du gros rouge qui tache’ comme disait Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui Emmanuel Macron semble horrifié : ‘Comment en est-on arrivé, dit-il, à passer pour des liberticides ?’ Le ‘en-même-temps’ ça marche pour les campagnes, sur le papier. Pour se faire élire. Chacun peut y trouver son compte. Mais pour gouverner, ça tourne souvent à la contradiction et pour se faire réélire, c’est plus compliqué (ou alors par défaut).

Le ‘en-même-temps’ est une méthode, pas un but. Tout comme En Marche est un moyen de locomotion, pas une destination. Alors la destination ? L’expérience de la crise du corona pourrait aider le président et sa majorité à la définir : le fameux ‘monde d’après’. On voit tous les outils utilement mis en place pour réparer le monde actuel mais on ne distingue pas encore le monde d’après proposé par le macronisme. Le problème c’est que celui vers lequel veut aller le RN, lui, est assez limpide. 

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