Pour Daniel Cohn-Bendit, les écologistes devraient conclure un accord avec les socialistes pour l’élection présidentielle de 2012.Oui, l’idée de Cohn-Bendit est assez simple et logique. Il propose que les écologistes ne présentent pas de candidat au premier tour de la prochaine élection présidentielle et, en contre partie, les socialistes leur garantiraient de pouvoir présenter un candidat écologiste d’union vert-PS dans une cinquantaine de circonscriptions dont un nombre de circonscriptions gagnable suffisant pour pouvoir constituer un groupe parlementaire Europe-Ecologie. La proposition présente beaucoup d’avantages pour les deux parties : d’abord ça assure avec une quasi certitude au candidat du PS une place au second tour avec un score confortable, comparable, sans doute avec celui du candidat UMP ce qui peut être efficace pour freiner cette fameuse dynamique du premier tour qui ruine le candidat de gauche depuis 95. Au passage le cas Bayrou est réglé. Le candidat centriste devenant, de fait, la réserve de voix du deuxième tour que n’aura pas le candidat UMP. Les avantages pour les verts sont aussi évidents : le candidat écologiste n’arrive jamais à percer à l’élection présidentielle. Après avoir fait un premier tour calamiteux, il se retrouve toujours en situation de faiblesse pour négocier les sièges lors des législatives qui suivent. De ce fait il parait plutôt logique de passer son tour pour l’élection présidentielle mais de vendre chèrement ce renoncement aux socialistes. Voila pour les avantages stratégiques mais est-ce politiquement sérieux ?Hé bien non ! En fait ça ne l’est pas encore. Peut-être cela le deviendrat’il mais pour l’instant une telle alliance dés le premier tour aurait tout d’une opération purement électorale et tactique qui pourrait se retourner contre le candidat de l’union. Parce que pour s’unir avant le premier dimanche de l’élection, et pour que ce soit crédible, il faut quand même s’entendre sur semblant de programme. Et notamment sur un programme économique. Les socialistes et les écologistes ont une grande partie de leur électorat en commun. Ils ont de nombreuses compatibilités sociologiques mais les solutions que proposent les uns et les autres sont différentes. Et ce sont bien souvent des différences de nature, pas de degrés. Entre les socialistes et les communistes des années 70 et 80, il y avait une disparité sociologique, l’époque était très idéologisée, il y avait des disparités abyssales sur la vision du monde mais ce qui les séparait en terme programmatique se négociait. PS et PC se déchiraient ou s’entendaient sur le degré de socialisme à appliquer à la société française. Par nature, pour un communiste du PCF, un socialiste c’était toujours mieux qu’un candidat gaulliste ou libéral. Question de distance sur l’axe gauche droite. Cette équation est beaucoup moins vraie entre un socialiste productiviste, pro-nucléaire (c'est-à-dire Martine Aubry ou Dominique Strauss Kahn) et un écologiste influent comme Nicolas Hulot. La belle mécanique électorale destinée a régler tout les problèmes habituels des écologistes et des socialistes aux élections présidentielles fait fi du programme sur lequel il faudra bien s’entendre pour que tout les écologistes acceptent de renoncer à avoir un candidat… si –par exemple- les questions du nucléaire et de la fiscalité écologique (on à vu les réticence du PS à la taxe carbone) ne sont pas réglées avant, on voit mal les écologistes accepter de ne pas avoir de candidat et l’on voit mal les socialistes prendre le risque que se constitue, après l’élection, un groupe parlementaire vert avec lequel il faudrait sans doute compter pour avoir la majorité !... bref l’idée maline de Daniel Cohn-Bendit n’est pour l’instant…qu’une idée maline !

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