François Fillon peut-il tenir ?

En réalité, il ne tient déjà plus. Sa campagne est au point mort. Plus personne, ni dans son camp, ni dans la presse, ni dans les conversations des Français, ne parle de ses propositions. L’actualité liée à F.Fillon n’est faite que de révélations et commentaires sur ces révélations. Donc la question n’est pas « peut-il tenir ? » mais plutôt « peut-il revenir ? » parce que dans les faits –en ce moment- F.Fillon n’est plus candidat. Donc, peut-il revenir ? On verra, la remontée des secrétaires départementaux de LR auprès des responsables nationaux du parti est désastreuse et alarmiste. Ils sont furieux de ce gâchis après une si belle primaire qu’ils avaient bien organisée ! Pour l’heure, malgré le soutien de façade des cadres du parti destiné à gagner du temps… la question est la suivante : devant le déni manifeste dont fait preuve F.Fillon, qui va lui parler ? Qui va oser lui dire « il faut que tu t’arrêtes ? » Et si, au bout du compte, il tenait bon, si le flot des révélations, des commentaires et des indignations se tarissait, pourrait-il simplement rattraper le temps perdu ? Parce qu’à 10 semaines du 1ertour chaque jour compte. Maintenant l’offre de candidats (à un Bayrou près) est complète. F.Fillon a prononcé dimanche dernier son grand discours qui devait être l’équivalent de la porte de Versailles de Sarkozy 2007 et le Bourget de Hollande 2012. Ces 2 discours avaient été des évènements fondateurs de leurs victoires. Pour F.Fillon ce fut – comment pouvait-il en être autrement- un flop.

Pour qu’il puisse revenir il faudrait que sa stratégie de victimisation fonctionne.

Oui… des journalistes (qui travaillent depuis des semaines sur ce sujet) et des juges rapides (d’ailleurs aussi à la demande de F. Fillon) ça devient un complot. Bien sûr ça ne tient pas. Seulement dans l’atmosphère de suspicion générale cet argument parfois fonctionne. Ce fut le cas pour Donald Trump. Mais là, il y avait une cohérence à venir de l’extérieur du système politique pour le dénoncer. Pour F.Fillon, politicien professionnel depuis ses 26 ans, ça sera plus difficile. L’argument du coup d’Etat institutionnel risque de ne pas peser face aux faits, aux chiffres, d’une simplicité biblique que F.Fillon, d’ailleurs, ne conteste pas. Les parlementaires qui nous parlent (off !) sont pessimistes et déjà dans le comparatif des différents plans B. Les proches de Juppé lui font savoir qu’ils sont prêts à reprendre du service pour lui. Mais est-ce que le plan B peut être un des perdants de la primaire ? Oui, répondent-ils puisque si les électeurs de novembre avaient su, alors le résultat n’aurait pas été le même ! Il est possible aussi que LR décide de sauter une génération. Plusieurs personnalités sont citées par les parlementaires : Xavier Bertrand, Valérie Pecresse et Laurent Wauquiez et surtout François Baroin. Mais au fond, maintenant, est-ce encore une question de candidat. N’est-ce pas plutôt le programme de LR, lui-même, largement composé de réduction de la dépense publique, de lutte contre ce qu’ils appellent l’assistanat, qui n’est pas piégé. Le cas Fillon n’est sans doute déjà plus le principal problème de la droite.

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