L'édito politique de Nicolas Beytout desEchos

On est maintenant au seuil de 2013. Qu’est-ce qu’on peut prévoir pour cette nouvelle année?

Je crois que 2013 est partie pour être une année très difficile. D’abord, bien sûr, à cause du contexte économique et social. On va voir en effet se mettre rapidement en place un piège redoutable.

Première mâchoire du piège : l’emploi privé va continuer à se dégrader. La crise économique en France et le ralentissement en Europe, les conséquences d’un certain nombre de décisions fiscales et l’instabilité générale que ressentent les patrons, tout ça fait qu’il n’y a rigoureusement aucune chance pour que la courbe du chômage se retourne à la fin de l’année, comme l’a pourtant promis François Hollande. On va même dépasser le record historique du nombre de chômeurs en France, ce qui bien sûr provoquera un choc dans l’opinion.

Mais il y a une deuxième mâchoire à ce piège : c’est l’emploi public qui, lui aussi, va commencer à se dégrader. La France n’a plus d’argent et en annonçant son Pacte de Compétitivité, début novembre, François Hollande a glissé une petite phrase qui est en réalité une véritable bombe. Le budget de l’Etat devra être réduit de 12 milliards par an pendant les 5 prochaines années. C’est un serrage de vis comme jamais il n’y en a eu. Et bien entendu, à peu près toutes les lignes budgétaires vont être impactées, au rang desquelles l’emploi public. Il y a donc fort à parier que les salaires vont être gelés et que les effectifs vont diminuer, si ce n’est dans la fonction publique d’Etat, en tout cas dans les collectivités locales.

Et le plus frappant, c’est qu’il n’y aura pas d’échappatoire : tout ça va en effet se dérouler sous le regard d’un juge-arbitre impitoyable, les marchés et leurs fameuses vigies, les agences de notation. Celles-là mêmes qui ont imposé une baisse de la dépense publique, et une réforme du marché du travail et de l’emploi privé dans le sens de la flexibilité.

Alors évidemment, tout cela va créer un contexte politique très tendu. On a déjà connu des tiraillements au sein de la majorité en 2012. Mais l’an prochain, les ruades des alliés Verts et des pseudo-alliés communistes et Front de Gauche seront certainement plus violentes. Et on va donc voir monter au sein de la majorité la revendication d’une autre politique, plus à gauche, plus en rupture avec les canons de l’orthodoxie budgétaire et de la mondialisation. Il y a peu de chances pour que François Hollande s’y résigne, mais au moins devra-t-il, dans ce contexte encore une fois très difficile, assumer ses choix, les expliquer et les faire endosser par sa majorité. 2013 sera bien l’année des choix.

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