Combien de fois a-t-on entendu l’année dernière que rien ne se passait comme prévu ?

Par Frédéric Métézeau.

Que l’avalanche d’évènements politiques qui ont ponctué l’année, étaient des surprises et qu’il fallait jeter nos manuels de science politique à la poubelle ou les mettre en vente sur le bon coin ?

Et pourtant, rétrospectivement, ce qui s’est passé en 2016 n'est pas si surprenant... Sauf que pendant des mois, des éléments de langage combinés à une utilisation abusive des sondages et à certains commentaires éloignés du terrain ont occulté des phénomènes bien visibles, déjà observés et qui se sont reproduits. Cinq phénomènes, donc : le favori des sondages ne remporte pas l’élection : Alain Juppé en est la dernière illustration…

Le storytelling des candidats et de leurs communicants ne se réalise pas : voyez le « trou de souris » pour que François Hollande se représente ou le « blast » de Nicolas Sarkozy pour remporter la primaire…

Hors cohabitation, un président sortant n’est pas en position de remporter la présidentielle et un président battu ne revient pas. Et puis, une primaire se gagne au point d’équilibre : Hollande en 2011, Jadot en 2016 chez les Verts, Fillon en 2016 à droite, l’ancien Premier ministre pas trop centriste genre "identité heureuse", pas trop droitier genre "portion de frites et ancêtres gaulois"… C'est sans doute pour cela que Manuel Valls atténue son discours et prône la réconciliation à gauche ou l'abolition du 49-3... Finalement les évènements de 2016 sont dans la continuité des 20 dernières années...

Et pour 2017 alors ?

Si tout se passe comme d'habitude, rien d’annoncé ne se réalisera... Pour l'instant le bourdonnement médiatique nous garantit Marine Le Pen au second tour et Jean-Luc Mélenchon très haut ; mais résisteront-ils au "sortez les sortants" observé en 2016 ?

Le PS éliminé dès le premier tour aux régionales de 2015, les listes PS ont recueilli près de 25% des voix au niveau national, c'est un socle loin d'être ridicule...

Emmanuel Macron 3ème homme, mais les Français hésitent encore avec le renouveau, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire en savent quelque chose...

Plus globalement, les élections précédentes nous ont appris que la surprise est le seul évènement prévisible, alors prenons une bonne résolution pour 2017 : le journalisme politique n’est pas là pour prévoir, il est là pour voir… Rapporter, expliquer les faits mais ne pas les annoncer ou les anticiper… Si les certitudes de janvier deviennent la réalité d'avril-mai, ce sera la vraie surprise et dans ce cas, 2016 aura été la dernière année « normale » de notre histoire politique... Et nous pourrons vraiment nous débarrasser de nos manuels de science politique…

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