Par Jean-François Achilli.

L’UMP va-t-elle vers une implosion ?

Le parti de la droite républicaine est en train de connaitre les joies des lendemains de défaite, avec – au menu - guerre de succession, droit d’inventaire, et règlements de comptes. C’est à se demander si la nouvelle UMP qui va sortir du chapeau en novembre, finalement, ne va pas ressembler au PS de ces dernières années, avec ses éléphants, ses courants, ses congrès qui s’achèvent en psychodrames collectifs.

Il y a une dizaine de jours, à cette même place, Thomas Legrand, s’interrogeait sur le devenir de l’UMP, bonapartiste ou orléaniste, faut-il d’abord un chef ou un programme ? Ce sera un peu les deux, avec un futur patron, pour à peu près le même programme. En résumé : à droite toute, mais jusqu’à la porte du Front National, pas au-delà.

Ce qui agite le parti néogaulliste est qu’il n’a plus de chef, situation inédite depuis sa fondation en 2002.

Les deux prétendants, François Fillon, gaulliste social, candidat officiel depuis ce week-end, et Jean-François Copé, gaulliste libéral, secrétaire général en titre, qui sera candidat à la fin de l’été, vont s’affronter avec en toile de fond, la menace de l’ogre Front National. Mais pas seulement. Il y a également l’héritage, qu’il faut assumer.

Les deux vont jouer des coudes pour riposter au discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault : l’ancien Premier ministre, dont la gestion va être mise à mal par l’audit de la Cour des comptes, très critique sur le bilan Sarkozy. Et le patron du parti qui veut rappeler qu’il est le seul chef en exercice de la droite.

Et un troisième prétendant entre en piste…

Alain Juppé a publié hier soir sur son blog, un long billet intitulé « Vive l’UMP ». Le maire de Bordeaux envisage sa propre candidature, mais en tant que juge de paix et gardien du temple. Pour lui, l’affrontement Fillon-Copé, qu’il qualifie de « compétition inutile et dangereuse », affaiblira le parti. Alain Juppé, qui affirme ne pas être dans la course pour 2017, propose de tenir la boutique jusqu’à ce que l’UMP organise sa primaire, un an avant la prochaine présidentielle. Comme quoi, le modèle installé par le Parti Socialiste, tant critiqué par la droite, va peut-être s’imposer à tous.

Cette formule Juppé, idéale sur le papier, aurait l’avantage de donner à la droite le temps de faire son aggiornamento. Doit-elle en finir avec son discours sécuritaire, ses interrogations sur l’identité nationale, qui n’ont pas empêché une partie de ses électeurs de se jeter dans les bras de Marine Le Pen. Si ce travail là n’est pas effectué, alors oui, ce sera l’implosion avec une possible fuite des centristes qui ne se sentent plus vraiment chez eux.

La seule vraie bonne nouvelle pour l’UMP est que de vrais candidats vont vraiment s’affronter pour la présidence du parti en novembre. Et ça, ce sera une nouveauté pour le parti gaulliste qui avait gardé ses vieux réflexes de parti godillot.

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