Marc Fauvelle

Nicolas Sarkozy mis en examen... Coup de frein, ou coup d'accélérateur à son retour en politique ?

La plus réponse la plus simple à cette question ce matin, celle qui va tarauder les électeurs de droite dans les mois qui viennent, c'est de faire le constat d'une incapacité de Nicolas Sarkozy à se relever de cette épreuve, et donc un puissant coup de frein. Au choc de l'image hier matin, celle d'un ancien président convoqué aux aurores par les policiers, s'engouffrant dans une voiture aux vitres fumées pour passer 15 heures en garde à vue, s'ajoute ce matin le poids des mots, ce soupçon de "corruption active" qui va lui coller à la peau, tant qu'il ne sera ni innocent ni coupable, c’est à dire tant que la justice ne sera pas passée. Son retour en politique ressemble désormais à une course de haies judiciaires, mais avec un boulet au pied… sans oublier les autres gros cailloux qui l'attendent dans son couloir, à commencer par l'affaire Bygmalion, qui peut le faire trébucher à chaque instant. Hier, en dépit des cris d'orfraie de sa garde rapprochée, dénonçant un acharnement contre lui, c'est d'ailleurs bien ce qu'on a senti, dans le grand silence des autres ténors de l'UMP. Pas un mot de soutien ou presque, pas question de couler avec lui… Le « tout sauf Sarkozy » revient plus que jamais dans l'air du temps, car une partie de la droite considère désormais qu'elle a plus à perdre qu'à gagner à soutenir mordicus son ancien champion désormais entre les mains des juges... Dans le cas d'un Juppé ou d'un Fillon, rivaux potentiels en 2017, c'est évidemment compréhensible, idem pour tous les quadras aux dents longues, Bertrand ou Le Maire ; mais chez les députés UMP, et aussi chez les électeurs, c'est un mouvement qu'on perçoit déjà ces dernières semaines... le risque d'une « berlusconisation » de Nicolas Sarkozy, qui offrirait un boulevard à la gauche, et plus certainement encore à Marine Le Pen en 2017.

Et c'est là qu'intervient la psychologie de Nicolas Sarkozy…

Tous ceux qui l'ont côtoyé un jour peuvent faire le même constat. Chez lui, la colère, ou la détestation (que ce soit celle de Jacques Chirac, des juges ou de la gauche) agissent comme un carburant hors norme. C’est quand il est piqué au vif que Sarkozy redevient lui-même… Et ce coup de tonnerre judiciaire pourrait bien avoir l'effet inverse de celui qu’espèrent ses opposants… "Tous les 3 mois je me tape un truc avec les juges ou la presse, a-t-il expliqué il y a quelques jours à quelque uns de ses visiteurs, vous croyez franchement que ça va m'arrêter ?" Un proche expliquait même hier soir que Nicolas Sarkozy avait anticipé cette convocation, qu'il aurait reçue il y a une dizaine de jours, et que cela ne l'a pas empêché de continuer à distiller les confidences sur son retour possible en fin d'été, et à recevoir les élus pour les convaincre qu'il est bel et bien le meilleur.... C'est l’autre scénario possible, et il tient à la personnalité même de l'ancien président, c'est le coup d'accélérateur... S'il prend l'UMP à la faveur d’un vote des militants, Nicolas Sarkozy aura désormais une carapace. Chacun de ses ennuis judiciaires sera mis clairement –encore plus qu’hier- sur le compte de la gauche et du pouvoir des juges, qui chercheraient donc à abattre un concurrent trop dangereux pour François Hollande... Imaginer un seul instant que Nicolas Sarkozy ressortira abattu durablement de cette épreuve, qu'il va passer ses journées à maudire sans réagir, ou à lancer des fléchettes sur les photos des juges en écoutant les disques de son épouse, c'est mal connaître le formidable ressort qui l'habite, et qui qu'on l'apprécie ou pas, en fait un homme politique aussi hors norme que ses ennuis judiciaires...

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