"Je ne suis pas née moi, pour être présidente de la république, l'important pour moi, c'est le collectif. Alors, peut être, demain, dans 10 ans ou jamais..." Celle qui prononce ces mots, c'est évidemment MArtine Aubry. Mais plus intéressant, ce n'est pas hier que cette phrase a été proférée par la maire de Lille, devant ses nouveaux amis les reconstructeurs, mais le 26 août 2006, devant les militants socialistes réunis à la Rochelle. C'était avant la primaire socialiste, avant la campagne présidentielle, avant la défaite. c'était il y a un siècle, une éternité! A l'époque, l'assertion était passée inaperçue dans un brouhaha déjà royaliste. Aujourd'hui, le contexte a radicalement changé, il est aujourd'hui plus favorable qu'il y a un an et demie à Martine Aubry. En cette date anniversaire des 10 ans des 35 heures, alors que Nicolas Sarkozy, le gouvernement et l'ump se sont décidés, dans un joyeux désordre d'ailleurs, à faire ce qu'ils disaient penser des 35 heures et les détricoter donc, et bien la dame des 35 heures paradoxalement apparait comme la résistante en chef aux noirs desseins de l'executif. Quelle revanche! Les socialistes ont souvent analysé la défaite de 2002 par le boulet et l'échec des 35H..MArtine Aubry en fut la victime expiatoire. Aujourd'hui, pas un ministre de l'ex gouvernement Jospin n'incarne mieux qu'elle, aux yeux de la gauche, l'alternative au sarkozysme. Bataille pour l'emploi, partage du travail et Couverture maladie universelle..Qui a fait mieux? Sa ligne social-démocrate, gauchisée d'ailleurs par son passage au gouvernement, est une sorte de synthèse entre un Bertrand Delanoe qui a tenté un "coup" avec son "je suis socialiste et libéral", mais qui sans doute a pris le risque de trop personnaliser le débat autour de lui quand les militants voudraient qu'on leur cause "nouvelle offre politique", entre Bertrand Delanoe donc et Ségolène Royal, dont elle abhorre les lubies sur la démocratie participative ou les tautologies sur l'ordre juste, et qui en plus aujourd'hui, est obligée tactiquement de jouer à rebours de ce qu'elle est, discutant avec Besancenot, quand elle se tournait hier vers François Bayrou. Alors Martine Aubry, recours imparable d'un ps en mal de leadership, de collectif et de synthèse? Ce serait aller vite en besogne...Car Martine Aubry a par ailleurs bien des handicaps. Elle d'abord, plus d'une fois velléitaire lorsqu'il s'est agi de monter en première ligne...Elle, qui du coup, dispose de bien peu de troupes en propre pour partir à l'assaut du parti. Autre faiblesse, ses soutiens: des strauss kahniens aux fabiusiens en passant par des "morceaux" du nps et une partie de la gauche socialiste, alliance de bric et de broc, pour ne pas dire "plic et ploc". Parfait pour un cartel des NON. Non à Royal et Delanoe. Plus improbable dès qu'il va s'agir de construire un projet politique cohérent, et surtout de se mettre d'accord sur un futur présidentiable. Car c'est évidemment encore et toujours cela qui est en jeu dans ce Congrès du ps, le coup d'après.. "Je ne suis pas née moi, pour être présidente de la république, l'important pour moi, c'est le collectif. Alors, peut être, demain, dans 10 ans ou jamais..."disait donc Martine Aubry en 2006..hier, elle a fait un pas vers le "collectif"..mais ses amis n'oublient pas le "demain, peut être, présidente de la république"

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