Ce matin, une bonne polémique bien de chez nous : Benzema et Ben Arfa auraient été évincés du 11 de France à cause de leur origine …

Oui, si cette affirmation, lancée au départ par Eric Cantona, réduite ce matin dans Libé à une interrogation (passant du péremptoire au sournois)…si elle n’avait pas été lancée donc par l’ex star de Manchester, sympathique grande gueule un peu éruptive, Karim Benzema n’aurait sans doute pas, de lui-même, osé la relayer. Tant elle est absurde ! Cantona désormais domicilié (comme beaucoup de riches retraités) au Portugal, défenseur de Dieudonné, n’est plus vraiment la caution morale de l’époque où il prononçait cette magnifique formule « mon plus beau but c’est une passe ». Mais il reste un mythe pour bon nombre d’amoureux du ballon rond… Et du coup, l’accusation porte et est largement relayée sur les réseaux sociaux. Il existe, c’est vrai, un apartheid géographique des cités, il existe encore une insupportable discrimination à l’embauche, au logement, il existe toujours un délit de sale gueule dans certains domaines de la vie économique et culturelle vis-à-vis de ce qui vient des banlieues ou de ce qui n’a pas une origine dite de « souche ». Mais justement, cette accusation de racisme, dans ce domaine, le foot, et pour cette personne Deschamps, ne tient pas. Elle est fausse est donc corrosive pour la société. Rien de pire, pour lutter contre le racisme que de le dénoncer là où il n’est pas. Cette accusation de racisme n’est que le produit d’un excès victimaire qui, en ce moment, se manifeste de façon inquiétante et est parfois relayé par certains universitaires qui contextualisent tout, oublient l’universalisme et flattent le différentialisme. Benzema n’a pas été sélectionné… pour des raisons judiciaires, des raisons de cohésion de groupe (tiens… comme Cantona en son temps) et peut-être pour des raisons sportives (Zinedine Zidane a lui-même sorti Bezema du terrain lors du dernier match du Real Madrid). En mésinterprétant la non sélection, Eric Cantona, Djamel Debouze et Karim Benzema flattent la victimisation à outrance et ses effets identitaristes, communautaristes, et renforcent ce qu’ils prétendent combattre.

Ce n’est pas la première fois que la composition des bleus est mise en cause avec ce genre d’arguments

Généralement c’est le FN qui trouve que la couleur de la majorité des joueurs ne reflète pas la France. Mais les sélections nationales ne sont pas censées refléter ethniquement ni socialement le pays ! Chaque sélection ne peut être que le miroir sociologique de la population qui pratique le plus un sport donné. Ça ne viendrait à l’idée de personne de considérer qu’il y a trop d’accents du sud-ouest dans le XV de France. Le foot est un sport populaire, un sport qui peut se jouer dans la rue, sur du bitume… C’est donc un sport de banlieue. Si nos onze meilleurs joueurs roulent tous en Ferrari, ils viennent quasiment tous de banlieues pauvres. La physionomie des bleus (on ne devrait d’ailleurs y voir que cette couleur) dit en réalité deux choses : que les sélectionneurs ne sont pas racistes et que nos banlieues (dont elle est le miroir) sont effectivement des ghettos ethniques et sociaux.

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