Municipales, les états-majors négocient jusqu’à ce soir en vue du second tour …

Et ces négociations nous fournissent déjà des enseignements. Le premier c’est que la boussole du macronisme municipal indique la droite ! A Lyon, à  Bordeaux le candidat En Marche s’allie avec Les Republicains "pour faire barrage" aux écologistes. Les termes utilisés rappellent ceux du rassemblement républicains contre le FN !

De quoi  déboussoler certains électeurs, alors que Stanislas Guerini, à la tête de LREM, répète que Yannick Jadot est le bienvenu pour accompagner la transition écologique voulue par le Président… 

Ce n’est pas que la stratégie de la majorité soit mauvaise, c’est tout  simplement qu’il n’y en a pas !

Les Républicains est solide… Les maires installés (pour la plupart) seront réélus… La France Insoumise, (peu implantée en mairie) fait l’impasse… Quand elle n’essaie pas de plomber des  solutions PS/écologistes qui seraient des exemples (embarrassants pour elle) de dynamiques à gauche, pour l’avenir, comme à Toulouse ou  Montpellier. 

Le Rassemblement National, toujours puissant mais toujours isolé (à quoi ça sert d’être fort quand on est seul) ne peut faire alliance avec personne, et continue de susciter des désistements républicains de  la gauche à son encontre. Il ne peut espérer remporter qu’une seule  ville de plus de 100.000 habitants : Perpignan. 

La question des accords se joue surtout entre le PS et EELV

C’est important parce que leur capacité à s’entendre pour ces municipales crédibilisera (ou non) la démarche qu’entreprennent Julien Bayou et  Olivier Faure, (patrons de ces formations) pour élaborer une stratégie commune en vue des régionales de mars 2021 et de la  présidentielle un an plus tard. 

Ça se passe bien là où les socialistes ont déjà entamé leur mue écologiste, là où ils ont l’habitude de  travailler avec les Verts, comme à Renne ou Nantes… et certainement à Paris après quelques réglages d’appétit… A Strasbourg  (ville à la portée des écologistes) et à Lille (que Martine Aubry devrait garder), les négociations achoppent encore sur des projets  d’aménagement, c’est-à-dire sur des conceptions différentes de l’urbanisme (que faut-il densifier, que faut-il artificialiser).   

Des débats de fond ! 

Des  débats intéressants et prémonitoires de ce qui les attend s’ils veulent construire un projet ensemble pour 2022. Il semble que Julien Bayou et Olivier Faure soient plus conciliants que certains élus (ou aspirants élus) locaux : quelques barons socialistes à qui on ne dit pas comme ça d’arrêter de construire des rocades ou des logements  en zones déjà denses, et des écologistes novices (mais sur-gonflés par  le sentiment de représenter l’avenir) qui prétendent plus haut que leur score… 

Il y a aussi l’enjeu des métropoles  qui compliquent la donne. Au total, les socialistes devraient garder  leurs bastions et les écologistes conquérir des grandes villes, comme  Lyon, peut-être Strasbourg, ce qui serait l’évènement de ce scrutin. A moins que les dynamiques de ce second tour, séparé du premier par trois mois de crise inédite, soient bouleversées ? Personne ne  sait ce que vote le covid.

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