La campagne n'est pas flamboyante du côté de La République en Marche. Pas brillante, non plus, au Rassemblement national !

L’édito politique, avec vous Yael Goosz. Les gaffes de Nathalie Loiseau... Et les contradictions de Marine Le Pen !

L’amateurisme, les boulettes, de l’une, ne doivent pas faire oublier l'enfumage de l’autre… Enfumage sur la liste, déposée la semaine dernière, dans l’indifférence générale, puisque tous les projecteurs étaient braqués sur la conférence de presse du Président. 

L’an dernier, dédiabolisation oblige, le « F » du FN a cédé la place au « R » du Rassemblement national. Et ce « rassemblement », on le cherche ! A part un économiste écolo et 2 ou 3 historiques ou pré-historiques du RPR, c’est surtout les copains d’abord, le recyclage du clan, du beau-frère Philippe Olivier à la collaboratrice de toujours Catherine Griset, mise en examen mais en position éligible ! On fait même plaisir au papa, en mettant en 18ème position, donc éligible elle aussi, son assistante parlementaire, une parfaite inconnue (sauf à Montretout !).

Des contradictions aussi, quand le RN passe la frontière, Yael…

Devenir crédible, c’est l’obsession de Marine Le Pen… Une règle qui saute quand elle rend visite à des partenaires beaucoup plus décomplexés. Meeting à Prague la semaine dernière. Elle s’est retrouvée aux côtés de l’islamophobe Geert Wilders (il veut interdire le coran aux Pays Bas), et du tchèque Tomio Okamura qui veut sortir son pays de l’Union… Alors que la ligne de Marine Le Pen, désormais, ce n’est plus le Frexit, mais changer l’Europe, de l’intérieur. 

Comment ? En créant un grand groupe souverainiste au Parlement… Sauf que le leadership est passé en Italie. Salvini gouverne, pas elle : ça fait une sacrée différence et c’est autour de lui que s'organise l’après 26 mai. 

Crédibilité, respectabilité. Contrairement à son ancien bras droit Florian Philippot, Marine Le Pen ne monte pas sur le toit d'un centre des impôts pour arracher un drapeau européen… Mais son discours d’hier, à Metz, pour le 1er-Mai, avait des relents complotistes, copier-coller du révisionnisme à la sauce De Villiers. Quand elle fustige l'« Europe impériale et totalitaire » des pères fondateurs, elle réécrit l'histoire, tranquillement... Alors que la première Europe du charbon et de l’acier, c’était justement la mise en commun de ressources pour ne plus se faire la guerre et revivre le nazisme. 

Jordan Bardella, lui aussi, flirte facilement avec les fake news ! Jean-Marie Le Pen dit que l’incendie de Notre-Dame était forcément criminel ? Bardella, plus insidieux, estime qu’on a le droit de se poser la question.

Tout ça ne fait pas fléchir la courbe du RN dans les sondages...

Non, toujours haut, jamais loin de La République en Marche. Mais des nuages à l’horizon. Le premier s’appelle François-Xavier Bellamy, qui séduit un électorat conservateur en mal de leader. D’ailleurs Bellamy se garde bien de dire pour qui il a voté en 2017… 

L’autre menace, c’est la concurrence des Gilets jaunes, il y en a sur la liste de Francis Lalanne, chez Philippot, Asselineau, et Dupont-Aignan. Partout, à droite de la droite, sauf au RN ! Des voix qui pourraient manquer le 26 mai. Une deuxième place après avoir été premier en 2014 provoquerait de fortes turbulences en interne. Le Parti du vieux menhir a, encore, des pieds d’argile.

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