**Nicolas Sarkozy reçoit ce matin Valérie Pécresse et les têtes de liste UMP pour les régionales en Île-de-France... Il y a du recadrage dans l'air.C’est à croire qu’il y a une malédiction qui frappe la droite à Paris et désormais en Île-de-France. Souvenez-vous, c’était en 1989, Jacques Chirac réalisait pour la deuxième fois le grand chelem dans la capitale, sorte d’exploit soviétique, qui lui permettait de remporter toutes les mairies d’arrondissements. C’était encore les temps euphoriques où le bâtiment finançait allègrement les partis politiques et où, dans un bel élan de solidarité, des électeurs sortis de nulle part - voire des défunts - votaient. Paris Chirac était un bastion imprenable de la droite. Puis il y a eu 2001. Et le désastre de la campagne fratricide entre Jean Tibéri, monsieur "j’ai un bon bilan", et un Philippe Séguin dans ses pires moments. La droite s’est déchirée, au profit de Bertrand Delanoë. Cette "main de la défaite" est sortie du périphérique, pour les régionales de 2004: Copé battu par Huchon. Et déjà, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy recadrait la campagne. Jean-François Copé se souvient de ces convocations le dimanche soir place Beauvau, pour faire le point. 2008, rebelote, Françoise de Panafieu, désignée candidate après une primaire poussive, est battue par un Bertrand Delanoe intouchable. Et aujourd’hui, 2010, la machine à perdre semble être de nouveau mise en route pour Valérie Pécresse. Que se passe-t-il à Paris ? La ville des lumière a toujours une relation difficile avec le pouvoir, c’est Paris la frondeuse. Delanoë et sa majorité rose et verte ont ringardisé une droite conservatrice, soucieuse de protéger ses quartiers Ouest contre des hordes de gueux venus de l’Est. Le RPR, devenu UMP, n’a pas anticipé le virage sociologique; constitué par l'émergence des bobos, qui ont envahi Paris et sa couronne, gagnant bien leur vie mais votant à gauche. Nicolas Sarkozy, issu d’une banlieue chic, les Hauts-de-seine, n’a jamais apprécié cette majorité parisienne indomptable, qu’il n’a pas su - non plus - renouveler. La greffe Rachida Dati n’a pas vraiment pris, son secteur est désormais convoité par un possible rival, un certain François Fillon qui lorgne sur la mairie de Paris. Pour ce qui est de l'Île de France, où la gauche dirige six départements sur huit, Valérie Pécresse est entrée en guerre contre Roger Karoutchi, qui n’a pas eu l’investiture, mais a gardé le soutien des cadres, qui n’ont pas vraiment fait campagne. Revoilà le combat des chefs dans les rangs de la majorité ? Tous les coups sont permis. L’affaire Ali Soumaré a montré que Valérie Pécresse ne tenait pas ses troupes. Certains bons amis de la candidate la jugent trop fragile, et sa campagne invisible. D'autres mènent une campagne contre elle via Internet. Elle va porter plainte pour diffamation contre un site détenu en partie par un proche de Karoutchi. Nicolas Sarkozy, lui, ne comprend pas pourquoi ses têtes de listes ne se sont pas emparées de son projet phare du Grand Paris, devenu illisble. ça va chauffer ce matin ? Tout le monde tremble : va-t-il leur passer un savon ? Nicolas Sarkozy a des raisons d’être agacé. Lui qui avait annoncé qu’il ne se mêlerait pas des régionales, se voit obligé de faire, en plus de son boulot de président, celui de directeur de campagne de Valérie Pécresse. Une vraie malédiction...**

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.