La bataille pour les élections européennes a déjà commencé en coulisse. Elles ont lieu dans un peu plus d'un an. Et ce sera un premier test pour le pouvoir en place.

Deux ans après la victoire d'Emmanuel Macron, ces élections européennes  seront l'occasion pour lui de voir ce que pensent les Français de la politique qu'il aura jusque-là menée. Par ailleurs pour l'Européen qu'il est, ce sera aussi l'occasion de mesure sa vraie capacité à s'imposer sur une scène qu'il ne cesse de vouloir occuper. Donc c’est échéance assez importante. Maintenant à y regarder de plus près, on voit mal comment le parti présidentiel peut rater ces élections ! En étant le seul mouvement clairement identifié comme pro-européen, arithmétiquement il est presque certain de l'emporter. Il reste au moins un quart de Français favorables à l'Europe. Certes, les anti-européens sont assez nombreux, mais eux devront choisir et donc se répartir entre tous les autres partis, eurosceptiques ou tout du moins critiques !

Cela dit, gagner les élections est une chose mais la vraie question qui se pose, ce sera le nombre d'eurodéputés qu'Emmanuel Macron sera capable de décrocher. Il y a 5 ans, avec 25%, Marine Le Pen s'était effectivement imposé et avait raflé 24 sièges. Vingt-quatre sièges sur les 74 attribués aux députés français, et sur les 751 que compte le Parlement européen. C'est excessivement peu quand on veut peser.

Donc le président Macron a deux options : soit il constitue son propre groupe avec ses députés et d'autres qui doivent représenter au moins 7 nationalités, ce qui est plutôt compliqué. Soit il s'allie à un groupe déjà existant : probablement pas le Parti socialiste européen qui, à l'image de ce qui se passe en France, ne va pas vraiment bien. En revanche, Emmanuel Macron pourrait se rapprocher de la Droite qui pour l'instant est le plus grand mouvement du Parlement ou des centristes - les Libéraux - même si c'est un groupe beaucoup plus restreint. Mais ce qui est intéressant dans ces deux cas - le PPE ou l'ALDE -, c'est qu'il y cohabite à l'intérieur des euro-critiques et des euro-béats. 

Quelles sont ses vraies intentions ?

Emmanuel Macron est persuadé qu'il pourrait profiter de cette hétérogénéité pour, là encore, faire « turbuler » le système ! Le problème, c'est qu'il l'a déjà fait et que tout le monde le sait. Du coup, les Européens risquent de l'observer d’assez près et de se méfier de lui. Ensuite, il faut rappeler que l'Union rassemble 27 pays, c'est-à-dire 27 spécificités politiques. Il est donc assez chevaleresque - ! - d'imaginer pouvoir tout bousculer. Enfin, au Parlement de Strasbourg, il n'y a jamais eu de majorité absolue : pour qu'un texte soit adopté, il faut que différents partis s'allient. Donc pas besoin d'être à la tête d'un grand mouvement, les petits souvent sont tout aussi influents. 

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