Présidentielle 2007, déjà une dizaine de candidats déclarés. Mais d’autres n'ont pas encore franchi le pas. Ils préparent avec minutie cette étape cruciale de leur campagne : annoncer officiellement leur candidature. Et des armées de communicants planchent actuellement dans les états majors politiques sur ce moment crucial où un homme, une femme dit devant le peuple français "je suis candidat, candidate à la présidence de la république". Quand, comment, où formaliser cette annonce ? On s’y prépare longtemps à l’avance. Et que fait d’autre Michèle Alliot-Marie en ouvrant ce soir la permanence de son association, "le chêne", sinon se préparer. Les modalités du grand plongeon sont gardées secrètes jusqu’au bout. Car l’effet de suprise forcément est important. La palme en la matière revient à François Mitterrand, en 65, qui profita d'une conférence de presse du Général de Gaulle pour débouler dans la campagne. Pari gagné, cette année là, le candidat de gauche mit en ballotage l'intouchable général. Mais en réalité, on se souvient surtout des gros ratages d'annonce de candidature. Balladur en 95 qui ne prit pas la peine de sortir de son bureau de Matignon ; Jospin en 2002 qui commenta dans la nuit noire, un fax qu'il venait d'envoyer de chez lui. En revanche, de l'avis général, Jacques Chirac, 2 fois, réussit l'exercice. En Novembre 94, en choisissant le jour de la Saint-Charles et un quotidien régional, La Voix du Nord, pour se lancer. En Février 2002, quand à l'occasion d'un déplacement à Avignon, il fit poser la question ingénue à Marie-José Roig, la député maire qui tenait ce jour là le rôle de madame tout le monde. « C’est la France entière qui vous attend, alors, monsieur le président ? » Oui il était candidat à sa propre succession. Tout le monde en 2007 va prendre modèle sur Chirac pour annoncer sa candidature ? Non, ça aurait un petit air de déjà vu. Mais ce qui est amusant c’est que celui qui planche le plus autour de ce modèle, c’est Nicolas Sarkozy ! Il en parle très peu, d'ailleurs ces jours ci il a eu autre chose à faire, à très peu de proches. Il veut rester totalement maître de son calendrier et de la mise en scène qu’il adoptera pour annoncer ce que 98% de Français savent déjà, à savoir qu’il est candidat. Mais une idée a germé qui pourrait faire son chemin. Un jour sans doute début décembre, à l’occasion d’un déplacement, et le ministre/président de l’UMP les multiplie, un badaud bien inspiré lui demanderait : « pourquoi vous le dites pas ? vous êtes candidat oui ou non ?? » Et du ton le plus naturel possible, l’intéressé répondrait gravement « bien oui, puisque vous me le demandez, je vous le dis, je suis candidat ». Et voilà, ce serait fait, et forcément enregistré par télés et radios qui ne le quittent pas d'une semelle. Le tout maintenant c’est de travailler le naturel pour Nicolas Sarkozy. Et peut être aussi de trouver le badaud, le seul à se poser encore la question.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.