Le bilan politique est encore lourd cette semaine, pour l'exécutif. Nouveau couac de Jean-Marc Ayrault - sur les 35 heures, les députés socialistes s'impatientent... Et la majorité au Sénat a du plomb dans l'aile. Une question se pose, elle est urgente : François Hollande est-il capable de redresser la barre ?

Pour la redresser - première chose - François Hollande doit se dépêcher de se réconcilier avec la communication. Ce qui ne veut pas dire que le Président est fâché avec les journalistes - pas du tout ! Du moins, pas encore - mais le talent justement et la proximité qu'il entretient avec la presse, devraient peut-être l'inspirer pour faire de même avec la com' parce qu'à observer son prédécesseur Nicolas Sarkozy et désormais lui, François Hollande, tout indique que la droite et la gauche ont un rapport "diamétralement opposé" à la communication... Si l'on résume - de manière un peu caricaturale, mais pas fausse pour autant - la droite, comme toujours, a le sens de l'ordre... Son expression politique est donc plutôt organisée voire très encadrée. La Gauche préfère cultiver - on l'a maintenant compris - "la spontanéité"... Ce qui donne cette impression, parfois... souvent... de cacophonie ou d'amateurisme. En fait, les socialistes n'aiment pas imposer et surtout, n'aiment pas qu'on leur impose "la parole à donner", la parole officielle, ce que l'on appelle pompeusement aujourd'hui les éléments de langage. La droite s'en délecte de ces éléments, parce qu'elle les considère nécessaires quand plusieurs personnes s'expriment sur un même sujet.

François Hollande, - dans ce domaine, en tout cas - ne doit plus hésiter à faire un peu de Nicolas Sarkozy. Ce qui ne veut pas dire s'agiter et polémiquer sans cesse... Mais accepter de se comporter comme un Chef ! Capable de discipliner la parole socialiste.

Le problème est donc là : François Hollande "ne joue pas" suffisamment "au Chef" ?

Oui ! Et s'il veut réussir à la redresser cette barre - c'est le deuxième point - l'actuel président doit admettre que le régime politique en France a changé. Qu'il le veuille ou non, François Hollande est condamné à être un hyper-président. Il n'a pas le choix ! C'est le passage du septennat au quinquennat qui l'a imposé. Le quinquennat - 5 ans - tout comme le mandat des députés, des députés élus désormais 5 semaines tout juste après l'élection présidentielle. Autrement dit, la majorité à l'Assemblée est celle que les électeurs ont décidé d'offrir au Président... C'est donc SA majorité à lui ! Et Matignon est simplement prié de bien vouloir aider au bon fonctionnement de la machine budgétaire et administrative. Ce n'est plus le gouvernement "qui détermine et qui conduit la politique de la Nation" - article 20 de la Constitution - l'article existe toujours certes, mais c'est au Président, à présent, qu'il incombe de traiter de tous les dossiers... du plus courant, au plus régalien...

Alors, François Hollande est-il capable de redresser la barre ? Il ne l'a pas encore montré pour l'instant, se protégeant derrière son Premier ministre, repoussant les signaux qu'il doit lancer et qu'on attend de lui. Il doit piloter le navire. Et qu'il ne se méprenne pas : lui seul, est observé - véritablement à la loupe - par les Français…

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