Entretien en tête à tête, conseil des ministres, déjeuner, François Hollande et Manuel Valls vont passer la moitié de la journée ensemble aujourd'hui...

Par Frédéric Métézeau.

Une semaine qu'ils ne s'étaient pas vus mais l'onde de choc du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme s'est encore amplifiée : Manuel Valls confie sa "colère" et la "honte" des militants socialistes jeudi dernier, François Hollande le recadre sèchement au téléphone le lendemain et rappelle samedi que "chacun doit être à sa tâche"...

Et voilà le premier ministre dans une position particulièrement inconfortable...

Si Manuel Valls veut survivre à cette fin de quinquennat, s'il ne veut pas hypothéquer l'avenir, il doit muer sans trahir... S'affirmer sans rompre... Exister sans empiéter... Et surtout tenir 3 objectifs a-priori inconciliables :

- rester fidèle au Président de la République, sinon c'est la crise institutionnelle...

- gagner la primaire de gauche si Hollande n'y va pas et donc triompher de Montebourg Hamon Lienemann Filoche et pourquoi pas d'autres...

- reconstruire le PS quel que soit le résultat de la présidentielle...

Alors, tout en rappellant sa "loyauté", Manuel Valls joue sur tous les tableaux depuis 2 semaines... Discours de Tours et l'appel à "Benoît, Arnaud et Emmanuel"... Discours d'Evry sur une laïcité "supplément d'âme"... Discours de la Villette "on a besoin de chercheurs pour comprendre la radicalisation" et, on va en parler dans un instant, son interview à Abidjan dimanche dernier...

RELANCE Difficile de trouver la bonne formule dans une situation aussi complexe... Manuel Valls a-t-il des modèles à suivre ?

L'anti-modèle absolu, c'est François Fillon... Premier ministre pendant 5 ans d'un Président qui le qualifiait de "collaborateur"... Jamais un mot, jamais un doute contre Nicolas Sarkozy avant de le charger de tous les pêchés une fois le quinquennat terminé, un François Fillon incapable de prendre l'UMP face à Jean-François Copé et aujourd'hui pas assuré d'être au second tour de la primaire...

Le modèle, ce serait Georges Pompidou... Loyal à De Gaulle mais en première ligne en mai 68 alors que le Général semble vaciller... En janvier 69, il brise un tabou à Rome : "je serai candidat à l'élection présidentielle quand il y en aura une"

Il y a 3 jours à Abidjan, Manuel Valls déclare : "je veux être à la hauteur de la responsabilité du moment et faire en sorte que la gauche puisse l'emporter... J'y contribuerai, d'une manière ou d'une autre"...

L'appel de Rome... L'appel d'Abidjan... Sauf, sauf qu'à Rome Pompidou n'était plus premier ministre depuis 6 mois alors que Valls est toujours en fonction...

Pour survivre à Matignon, il faut en sortir...

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