C’était hier la Toussaint, c’est aujourd’hui le jour de la fête des défunts… L’occasion de parler des morts politiques de l'année...

Illustration pour "Histoires politiques"
Illustration pour "Histoires politiques" © Radio France

Au sens figuré bien sûr… Mais des morts politiques il y en a eu cette année… Aucun des « vieux » partis n’est sorti indemne des scrutins de l’année et pire que des défaites, les voilà rongés par la division sur la ligne, sur les personnes voire sur les deux… Regardons ce qui passe chez Les Républicains, les Socialistes et au Front National… Petit point d’Histoire, cette fête du 2 novembre fut instaurée par Odilon de Cluny en 998 décrit par l’historien Marcel Pacaud comme « un homme aimant l'autorité et ne le cachant pas, jaloux de ses prérogatives… Un chef très énergique et organisateur inégalable comprenant mieux que ses contemporains, les problèmes de son époque » C’est fou comme, le bon abbé créateur de la fête des morts ressemblait à Emmanuel Macron dont la collection de scalps d’Emmanuel Macron impressionne : François Hollande, François Fillon, Marine Le Pen, Benoît Hamon… Que de défunts politiques… Sans oublier François Baroin, Manuel Valls, Bruno Le Maire, François De Rugy qui apparaissent comme des rescapés de l’ancien monde… Soit promus soit en réserve de la République… Emmanuel a fait pire que les tuer, il les a laissés vivre mais les a fait vieillir…

C’est donc bénéfique pour Emmanuel Macron ?

Depuis son élection oui… Il est Président de la République, il a une majorité absolue à l'Assemblée Nationale, il tient son calendrier sur les réformes sans rencontrer d'opposition majeure... Il a su arriver là où il est en exploitant ses forces à lui et les faiblesses des autres... C'est la Génération Y au pouvoir qui, si elle a des idées, fait de la politique sans idéologie... Dans son interview-fleuve au Point à la fin de l'été Emmanuel Macron citait Schumpeter et le processus de "destruction créatrice" la destruction a eu lieu, place à la création... Pour le moment, Emmanuel Macron déroule son business plan il coche les unes après les autres ses promesses - c'est déjà ça me direz-vous il tient ses engagements - mais on cherche la globalité, la vision... On cherche la création... Le message vaut aussi pour les oppositions... Cet entre-deux est très bien raconté par le professeur de philosophie Thomas Schauder dans Le Monde aujourd'hui "le mouvement n'a de sens que s'il sait d'où il vient, où il va et pourquoi il y va et s'il sait aussi parfois s'arrêter un moment pour y réfléchir"... Pas de mauvais procès, Emmanuel Macron réfléchit, Jean-Luc Mélenchon réfléchit, Laurent Wauquiez réfléchit, à chacun sa vision mais après toutes les morts politiques de 2017, c'est le désert et à long-terme, cela pourrait mettre Emmanuel Macron en mauvaise posture... Moins de débat, c'est le risque d'une plus grande abstention, d'une politique réduite aux échéances électorales, des débats d'idées réduits aux slogans...

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