Ce matin... Un point sur la tectonique des plaques de la gauche au-delà du PS...

L’occasion nous en est donnée avec la publication, sur le Huffpost, d’un texte de l’ancien sénateur Gaétan Gorse, tête pensante de la petite bande de socialistes qui, autour d’Emmanuel Maurel et Marie-Noel Lienemann, a décidé de se rapprocher de JL Mélenchon. Ils ne rejoignent pas LFI en tant que tel, ils s’apprêtent plutôt à créer un nouveau parti (un de plus !) Cependant, ils ont pris acte de la suprématie des Insoumis sur la gauche. Emmanuel Maurel aura une bonne place sur leur liste aux européennes. Gaétan Gorse  explique que le socialisme du XXe siècle,  je cite ‘confronté au capitalisme des 30 Glorieuses, avait choisi le compromis d'un progrès, économique et social, échangeant l'implication croissante des travailleurs au service d'une productivité explosive contre un système complet de protection sociale et de droits au travail.’ Ce compromis, dit-il, est rompu puisque les protections sociales sont détricotées... parfois par les sociaux-démocrates eux-mêmes ! Il faut donc trouver les moyens de renouer avec l’aspiration d’origine des socialistes en contestant le capitalisme...

C’est aussi un peu le discours du mouvement Génération.s de Benoit Hamon, non ?

Sauf que pour Benoit Hamon, pour les écologistes et pour l’essayiste Raphael Glucksmann (qui tente de construire, lui aussi,  un mouvement), revitaliser la gauche ne peut pas passer par la méthode Mélenchonienne, qu’ils jugent trop autoritaire. 3 débats de fond divisent cette partie de la gauche qui veut remplacer l’espace qu’occupaient autrefois le PS et le PC : LFI fait le constat que le projet socialiste n’a pas d’avenir dans le cadre d’une Europe organisée autour du dogme libéral. Mais du point de vue des écologistes et de Benoit Hamon, ce constat pousse les amis de Mélenchon vers une forme dangereuse de souverainisme un brin nationaliste. Deuxième clivage : certains estiment que la gauche s’est perdue en accompagnant surtout le combat des minorités, ce qui aurait conduit à la perte de causes communes et aurait favorisé communautarisme et attitudes victimaires au détriment de solidarités sociales. Il faut donc réorienter les combats de la gauche vers des luttes transversales, plus économiques et sociales que sociétales. D’autres estiment que la gauche doit continuer à défendre les opprimés dans leurs spécificités culturelles et même religieuses. Deux positions qui ont une incidence sur l’attitude à adopter  vis-à-vis de la question migratoire. LFI est divisée sur ce sujet. Un troisième thème devient central : la question écologique qui peut être le prochain ciment de la gauche. JL.Mélenchon fait de la planification écologique la matrice de son projet économique mais pour lui l’écologie n’est pas la porte d’entrée qui permettra au peuple qui a délaissé la gauche de revenir dans son giron. C’est plutôt la colère sociale et l’opposition radicale au libéralisme dominant. On le voit d’ailleurs en ce moment alors que LFI se joint à la protestation (pas très écolo) contre le niveau de taxation des carburants. Europe, nature des luttes et écologie... voilà les trois axes autour desquels la gauche est en train de se chercher une nouvelle identité. Le travail de recomposition partisane autant qu’idéologique n’en est qu’à ses balbutiements. 

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