Trois, peut-être 4 candidats à l'investiture socialiste. Fabius, DSK, Royal et probablement Jack Lang, qui devrait se déclarer demain. La pièce socialiste est en place avec ce matin un constat. Ségolène Royal a réalisé un véritable tour de force. Qu'on soit Royalo enthousiaste ou Ségo sceptique, qu'on soit horripilé par ce côté "Maman fait de la politique" ou subjugué par cette novlangue où il est question d'experts citoyens. Personne, ce matin, ne peut contester à Ségolène Royal sa maîtrise parfaite dans la conquête du parti socialiste. Comme il paraît loin, le temps. C'était en février dernier, où les cadres du Pas-de-Calais, l'accueillaient avec une ironie frisant la goujaterie. Ce soir là, ils ricanaient mais les militants applaudissaient. Parti d'en haut, parti d'en bas, le fossé s'est creusé, amplifié par les bons sondages et la petite musique qui s'est installée au fil des mois "elle seule peut battre Sarkozy". Enfermés dans leur mépris pour Ségolène Royal, ses adversaires ont certes trouvé des angles d'attaques. Mais les plus mauvais. La sécurité ou l'exaltation de la nation ? Il faut une bonne dose de mauvaise foi pour ne pas percevoir dans ces thèmes développés par Royal une longue tradition de gauche, portée notamment par Jean-Pierre Chevènement. Ségolène Royal populiste, adepte de com et démago ? Mais quel candidat socialiste aujourd'hui ne rêve pas de ses 4 pages dans "Paris match", ne drague pas les ouvriers en détresse et ne s'offre pas des succés de salle facile avec un discours anti américain primaire. On passera sur "qui va garder les enfants", le meilleur service en victimisation qu'on pouvait lui rendre. Les militants et l'opinion n'ont pas mordu à ces hameçons, fatigués par une gauche enfermée dans son discours compassionnel. Des attaques si mal portées qu'elles ont masqué l'essentiel, si le diagnostic de Ségolène Royal est juste, elle ne dit pas encore comment réparer. Pas plus qu'elle ne s'aventure dans le domaine réservé d'un chef d'état : la diplomatie. Voilà pourquoi on ne peut que se réjouir de l'absence de Lionel Jospin dans cette compétition. Sa rage aurait tordu le débat, empêchant toute clarification. Voilà pourquoi on ne peut que saluer la persévérance de DSK à poursuivre sur sa ligne d'homme tranquille. Et la détermination de Laurent Fabius débranché dans l'opinion, mais bien vivant dans le combat interne. Le temps du débat arrive. Et si les entourages ne l'hystérisent pas, il sera fondateur d'une possible victoire. Sinon, les socialistes auront démontré qu'ils maîtrisent parfaitement l'art de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Une chronique de Françoise Degois.

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