Ce matin, vous nous dites que c’est en 2016 et non pas en 2017 que sera désigné le prochain président de la République !

Oui, à moins que la politique actuelle aboutisse rapidement à une forte baisse du chômage (ça tiendrait du miracle), personne n’imagine qu’un socialiste puisse gagner en 2017. Il y a même (en tout cas aujourd’hui) un gros doute sur la capacité du PS à se qualifier pour le premier tour. Dans ce contexte noir pour la majorité, la primaire de l’UMP et du centre, qui se déroulera en 2016, aura une saveur toute particulière. On peut dire, sans prendre de grands risques, que le prochain président sera celui ou celle qui sortira vainqueur de cette primaire. Certain responsables de l’UMP, à l’image de Nathalie Kosciusko-Morizet qui nous l’a expliqué lundi, ici même, plaident pour une primaire la plus ouverte possible. Seraient appeler à voter, tous les citoyens qui souhaitaient une alternance, sans références partisanes trop claires. Contrairement à la primaire socialiste de 2011, ou les votants devaient signer un petit texte disant qu’ils partageaient les valeurs de la gauche. C’était un scrutin destiné aux électeurs socialistes même si quelques centristes ou communistes s’étaient déplacés. Les électeurs de droite n’avaient aucune raison de s’intéresser à la primaire socialiste, puisqu’ils avaient, avec Nicolas Sarkozy, de bonnes raisons d’y croire.

Donc, tout l’enjeu de l’organisation des primaires de l’opposition en 2016 se trouvera dans le degré d’ouverture de la consultation…

Exactement. Vu les propositions, notamment économiques, qu’ils développent en ce moment, on imagine que Nicolas Sarkozy ou François Fillon voudront réserver la primaire au corps électorale classique de leur camp, alors qu’Alain Juppé sera tenté par un scrutin le plus accueillant possible. Parce que sans suspens pour 2017 et avec comme perspective un deuxième tour UMP/Le Pen, un grand nombre d’électeurs habituels de la gauche va finir par être tenté de choisir le candidat de la droite ! Quitte à être obligé de voter pour lui au second tour de la présidentielle, face à Marine Le Pen, autant le choisir par avance, le plus compatible possible avec ses valeurs. Ils sont vaccinés, les électeurs de gauche ! Ils ont déjà dû voter pour Jacques Chirac en 2002, souvent la mort dans l’âme ! Après tout il n’y a pas de raison qu’ils ne participent pas aussi aux choix de celui qui sera certainement le président à la fin ! Ce fait politique qui ne va pas manquer de s’imposer dans les mois qui viennent, va forcément peser sur le débat à droite. Et il est évident que certains (on pense bien sûr à Alain Juppé ou à Bruno Le Maire) feront ce qu’il faut pour endosser l’habit, au demeurant très gaullien, de la personnalité consensuelle et apaisante. Ce processus n’est pas encore explicite puisque nous sommes dans la période de prise du pouvoir sur l’UMP, promise à Nicolas Sarkozy. Mais c'est un processus en marche. Processus létal pour le PS qui, finalement, n’a jamais su, dans l’opposition, proposer un projet en adéquation avec son action quand il est au pouvoir.

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