Donc, Emmanuel Macron change...

Sans changer de cap, bien sûr, ni de style, ni de politique... Mais il change ! C’est à chaque fois pareil quand un président est en difficulté, la quadrature du cercle : comment donner l’impression d’un changement sans inconstance ? Chacun sait qu’il n’y a rien de plus anxiogène que l’inconstance des gouvernants. S’il ne change pas, c’est désolant, s’il change, c’est inquiétant ! Morsure de queue garantie ! Bien sûr que le président va changer… et la forme et le rythme... peut-être pas le but politique de sa présidence... De toute façon, le but c’est –dans le macronisme- ce qu’il y a de moins clair... Ce n’est pas compliqué de rester constant sur ce qui est vague ! Le but... nous y revenons souvent dans cette chronique, nous essayons, en même temps que les macronistes (eux-mêmes arrivés, un peu vite au pouvoir), de le définir pendant qu’ils l’inventent. Et puis il y a la gouvernance. Elle est verticale. Elle le restera mais elle sera «moins jupiterienne» dit-on à l’Elysée ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Aucune idée !

Donc le style et le rythme changent ?

Il faudra bien ! Le rythme d’abord. Le rythme macronien c’est, disons, la promptitude et le «en même temps»... Le problème c’est que le «en même temps» ne tient pas ses promesses. Quand on supprime tout de suite une partie de l’ISF mais que l’on décale les réformes fiscales plus avantageuses pour les classes moyennes et populaires, le «en même temps» n’est pas respecté et l’on accentue l’impression du «président des riches». Il va falloir, sans le dire bien sûr, que  dans le rythme des réformes (ou au moins de leurs annonces), ce qui peut apparaître favorable aux  plus aisés (pour redynamiser l’économie) soit plus en adéquation avec des mesures plus sociales. Mais c’est un peu tard ! De même, si le président veut continuer à aller au contact direct de la population, quitte à risquer des clashes et de l’intempestif, il va falloir qu’il fasse du «en même temps» en s’affrontant aussi aux puissants. Sermonner un chômeur ... soit, mais il faut aussi qu’on le voit secouer un peu les premiers de cordée, les notables, les installés, parce que jusqu’à présent, ses rencontres impromptues font un peu «fort avec les faibles et faible avec les forts»... Pour ce qui est du style,  c’est, en fait, tout à fait secondaire. Un style direct et enlevé comme celui d’Emmanuel Macron est jugé inconvenant parce que les résultats ne sont pas là et il sera jugé novateur ou adaptés si les voyants économiques et sociaux passaient au vert. Ça tarde et le doute s’installe ! Voilà pourquoi, en général, commenter le style du président, sauf outrances façon « casse-toi pauvre con », est assez vain... quelque soit le style et le rythme, tant que le but politique n’apparaît pas clairement, tant qu’Emmanuel Macron n’a pas réussi à mettre un contenu explicite et tangible à son «progressisme» autoproclamé, tant que son action apparaîtra pas et efficace et juste, on pourra toujours commenter rythme et style, on ne dira rien de pertinent ! Ça m’a quand même fait une chronique !

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