**Confusion autour de la taxe carbone !Oui et je ne sais pas si vous avez remarqué mais en écoutant tous les protagonistes du débat on a l’étrange impression qu’ils s’écharpent en s’envoyant les mêmes arguments à la figure. C'est-à-dire que les pros et les antis taxe carbone, si vous les prenez à part et un par un, disent à peu près la même chose ! L’idée largement partagée est la suivante… Il faut changer les habitudes de consommation et la fiscalité est une arme incitative efficace. Le bonus malus sur les voitures propres l’a encore montré. La taxe carbone, dans son principe ne gêne donc pas grand monde. Mais il ne faut pas que cet impôt nouveau creuse les inégalités et c’est pour ça que la charte de Nicolas Hulot comme les propositions de Michel Rocard envisagent le chèque vert ou d’autres systèmes de dédommagement, la partie bonus, comparable à ce qui se fait pour l’achat d’une voiture sobre. Pour l’instant, c’est vrai, on ne sait pas ce que le gouvernement a prévu pour soulager les ménages qui seraient obligés d’utiliser leur voiture. Mais globalement, à part quelques ultra libéraux qui considèrent que l’impôt est à la politique budgétaire ce que la gégène est à l’art de la conversation, à part quelques khmers verts qui estiment que prendre sa voiture pour aller au boulot équivaut à un dégazage de tanker en pleine mer, toute la classe politique est maintenant d’accord : il faut taxer la pollution et investir dans les solutions alternatives. La violence des arguments entre les socialistes, entre les socialistes et le gouvernement et entre une partie de l’UMP et le gouvernement ne souligne donc pas une différence d’approche ! Alors pourquoi se disputent-ils autant sur le sujet ?D’abord, bien sûr parce que c’est une taxe ; c’est toujours rentable de critiquer une taxe. Mais comme on est pour, on dit qu’elle est mal faite. En réalité, il y a une raison plus profonde. Ils se disputent entre eux pour la simple et bonne raison, que -à part les écologistes qui sont cohérents sur cette question- tout le reste de la classe politique est pris dans une contradiction insoluble. Je m’explique : La taxe carbone est faite pour réduire la consommation de carbone. Donc elle vise une diminution. Mais l’ensemble de la politique économique vise une augmentation de la consommation et de l’investissement pour sortir de la crise. D’un coté, à gauche comme à droite, on dit, « polluez moins, roulez moins, achetez moins gros ». D’un autre coté on dit « travaillez, faites des heures supplémentaires et surtout consommez » ! Martine Aubry veut que le PS réfléchisse à une société, je cite, « post-matérialiste » mais demande au gouvernement de relancer la croissance par le biais de la consommation. Le gouvernement est atteint de la même schizophrénie ! Ainsi dans Le Monde du weekend dernier, Christine Lagarde expliquait qu’elle voulait alléger la fiscalité sur les salaires et les investissements et l’augmenter sur la pollution ! Les mots sont choisis avec soin. « Taxe » égale « méchant », comme la pollution. « Salaire et investissement » égale « gentil ». Il faut les sauver. Mais en taxant la pollution on taxe les transports et la mobilité, pourtant « gentil » ! La contradiction n’est résolue que sémantiquement. Parce qu’évidemment « travailler plus pour gagner plus pour rouler moins et consommer moins » ça ne tient pas debout. Les grands partis de gouvernement de droite comme de gauche, le savent mais n’arrivent pas encore à envisager une société de modération et de sobriété. Je ne voudrais pas faire de la psy de cuisine politique… mais je suis tenté quand même : quand on n’arrive pas à résoudre ses propres contradictions c’est toujours sur les autres que l’on rejette la faute. On accuse les autres parce qu’on ne peut pas se disputer avec soi-même ! C’est ce qui arrive aujourd’hui à toutes les grandes voix de l’UMP et du PS sur le sujet.**

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