La droite attend que Nicolas Sarkozy se déclare...

Et ça commence à devenir assez lourdingue ce suspens… on dirait que tout débat est impossible à l’UMP tant que Nicolas Sarkozy n’a pas dit s’il revenait ou s’il abandonnait définitivement la politique (sachant qu’en langage politique –comme en langage amoureux- « définitivement », « jamais », « toujours » expriment une vérité soluble dans l’ambition et le contexte, donc assez éphémère)… Pour l’instant, à l’UMP, ceux qui s’expriment pour donner leur vision de l’avenir sont assez inaudibles. Il y a bien sur les propositions agrainées par Xavier Bertrand, François Fillon et Alain Juppé, candidats officiels aux primaires de 2016. Il y a ce tour de France des fédérations d’Hervé Marmiton, candidat à la tête de l’UMP et de Bruno Le Maire, quasi candidat à la tête de l’UMP. On peut, dès lors, commencer à dresser la nouvelle carte idéologique de la droite. François Fillon a fait sa rentrée, la semaine dernière, dans une indifférence générale, en pleine crise gouvernementale, mais son discours confirmait la tendance à une certaine radicalité.

L’ancien premier ministre veut administrer un remède de cheval à la France !

Oui, fini les 35 heures, 20% de fonctionnaires en moins, 100 milliards d’économie… c’est une promesse de rupture fillonienne. Il était d’ailleurs significatif d’entendre, dimanche, celui qui est accusé de dérive Blairiste, Valls, qualifier le programme de Fillon de thatchérien. Alain Juppé, lui, semble échapper à cette dérive droitière. Il s’est déjà déclaré candidat afin que les primaires soient gravées dans le marbre avant que Nicolas Sarkozy (qui n’en veut pas) prenne la tête de l’UMP. Alain Juppé occupe la place de l’homme d’Etat responsable, modéré, centro-, voire écolo-compatible. Dans quel coin de la carte idéologique de la droite, Nicolas Sarkozy fera-t-il sa réapparition ? On n’en sait rien ! D’autant que ce coin sera avant tout déterminé par des raisons stratégiques et par le souci de surprendre. Droite dure et « buissonienne », ou droite ouverte et centriste ? Posture de re-rupture ou une stratégie qui emprunte plus à l’art statuaire qu’à la science économique : le sage rassurant comme François Mitterrand, « France Unie » de 1988, le pourfendeur de l’emprise des partis, style de Gaulle 1958 ? Le fait que personne ne puisse dire avec quelque assurance sur quelle ligne reviendra Nicolas Sarkozy en dit long sur ce besoin irrépressible et régressif d’un homme providentiel. Besoin réactivé par le manque de leadership du président par lequel on explique un peu trop rapidement le manque de résultat. La droite qui attend Sarkozy mise sur son équation personnelle et sur l’effet de contraste que son retour, forcement tonitruant, ne manquera pas de provoquer aux dépends d’un terne François Hollande au comble de son impuissance. A ce stade, ceux qui aiment la politique, au sens confrontation des idées, plus qu’au sens course de chevaux, ou concours de décibel médiatique, peuvent craindre le pire.

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