Deux sondages ce matin viennent rassurer le camp de François Hollande…

Oui, notre sondage Ipsos et celui de BVA pour Le Parisien montrent que Nicolas Sarkozy progresse au premier tour mais régresse au second. La droitisation nécessaire à un beau premier tour pour le Président le mine pour le second. Mais ce constat n’est pas nouveau. En revanche, ce que nous apprend cette vague de sondages, c’est que la progression de Jean-Luc Mélenchon n’entame pas vraiment le potentiel de François Hollande au premier tour et surtout, le renforce considérablement au second par l’effet de reports massifs ! Cette analyse valide la stratégie de François Hollande qui consiste à rester sur son programme et à refuser de le gauchiser pour endiguer la vague Mélenchon. Jusqu’à ces deux sondages (qui vont calmer les choses au PS) certains socialistes semblaient pris d’une sorte de fébrilité qui faisait penser à la grande tradition des tennismen français qui tremblent à l’approche de la balle de match ! La peur de gagner ! Il suffisait que Nicolas Sarkozy exhibe ses biscotos, promette une quinte floche tous les jours, affirme qu’il va, je cite « exploser » François Hollande pour qu’une partie de la gauche s’évanouisse, persuadée que le Président, bête de campagne, allait barrer la route au candidat de la gauche. François Hollande a un double break et ses supporters sont en train de le siffler parce qu’il ne smashe pas assez ! Ce manque de sang froid fait dire à certains socialistes que François Hollande devrait, comme Nicolas Sarkozy multiplier les promesses, truster le terrain médiatique avec des propos chocs ! Certains, dans son équipe, lui conseillent d’annoncer une série de propositions décoiffantes et hors programme. François Hollande est paraît-il en train d’y réfléchir… les chiffres de ce matin vont sans doute l’y aider !

Mais on sent bien que l’aile gauche du PS veut profiter des bons sondages de Jean-Luc Mélenchon pour inciter François Hollande à infléchir son programme !

Oui, alors que François Hollande qui s’est fait désigner lors de la primaire socialiste (donc avec uniquement des électeurs de gauche) sur une ligne plutôt centre gauche, modérée, avec une promesse d’effort budgétaire, il devrait, à écouter la gauche du PS, « gauchiser » son discours ! Alors qu’il s’adresse maintenant à toute la population française, c’est paradoxal et illogique ! De même, il paraît assez étrange de laisser entendre qu’il pourrait y avoir des négociations programmatiques (au delà d’accord classique sur quelques circonscriptions) entre le Front de gauche et le PS, ou de dire que l’accord avec les écologistes n’a plus tant d’importance ! La comparaison avec 1981 est totalement anachronique. La différence entre le PS et le PC d’alors était une différence de degrés : plus ou moins d’Etat, plus ou moins d’augmentations de salaires décrétées. Le PS d’aujourd’hui et le Front de gauche ont des différences de nature et de profondes incompatibilités, non pour battre ensemble Nicolas Sarkozy mais pour gouverner ensemble. Ces incompatibilités sont liées aux critères de convergence, à l’objectif d’équilibre budgétaire du candidat Hollande. D’ailleurs Jean-Luc Mélenchon mais aussi Marie-George Buffet ne s’y trompent pas et n’envisagent pas de participer à un gouvernement sous une présidence Hollande. La situation politique de la gauche d’aujourd’hui est parfaite pour gagner les élections… elle est beaucoup plus complexe pour gouverner sereinement.

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