Le gouvernement Valls est maintenant désigné…

Oui, pas beaucoup de renouveau mais il est formaté pour être plus professionnel, au moins c’est un choix clair ! On peut toujours s’évertuer à analyser dans le détail les équilibres entre les ailes gauche et droite du PS, entre Hollandais et Vallsiens ou Vallsistes (je ne sais pas encore comment il faut dire). Ce qui importe le plus, c’est la cohérence de l’ensemble. C’est en ce mois d’avril que Manuel Valls doit annoncer comment économiser 50 milliards en trois ans… Un peu plus même, puisque le Président, dans sa déclaration post gadin municipal, a promis quelques baisses d’impôts. Il y a deux possibilités qui correspondent à deux politiques. Soit on fait ces économies dans le respect des critères des déficits imposés par l’Europe, soit on tente de renégocier un report du respect des 3% de déficit… Réclamation déjà faite plusieurs fois depuis 2007. Si l’on se réfère à ce que disait François Hollande pendant la campagne présidentielle, alors il faut réduire les déficits en respectant au mieux les délais. Déclaration déjà obsolète mais la philosophie est là et l’Europe n’est pas désignée comme l’ennemie. L’ennemi, dans l’idée de François Hollande et du rédacteur de son programme, aujourd’hui ministre des finances, Michel Sapin… l’ennemi ce sont les déficits.

Mais il se trouve que le ministre de l’économie, Arnaud Montebourg pense autre chose !

Oui, le « démondialisateur » voit en Bruxelles une bande de « talibans du droit » (ce sont ses mots)… (Invité à 8H20, Michel Sapin –en parfait « synthésiste » hollandais- devra démontrer que son discours et celui d’Arnaud Montebourg sont compatibles. Et en effet les discours peuvent être complémentaires ! Good Cop, Bad Cop, c’est efficace, un ministre à l’aise avec l’orthodoxie financière pour rassurer Bruxelles, un autre pour l’opinion, pourfendeur des intégristes de la rigueur. Mais la synthèse -et la complémentarité des mots- n’est forcément transposable aux faits. Autant sur les questions de sécurité, le discours et l’action du ministre de la justice, plutôt tournée vers la prévention n’est pas forcément contradictoire avec un discours, de la part du ministre de l’Intérieur, qui mettra en avant la fermeté et la nécessité de la répression… Autant en matière économique et financière, il est beaucoup plus compliqué d’agir en cohérence avec deux discours comme le souhaitent Michel Sapin et Arnaud Montebourg. Quand Montebourg avait rejoint Hollande entre les deux tours de la primaire, il avait trouvé cette étrange formule : « François Hollande doit faire entrer sa cohérence dans la mienne ». On avait alors parlé de « kamasutra politique ». Cette gymnastique n’a pas été possible pendant le gouvernement Ayrault. Les cohérences de Jean-Marc Ayrault et d’Arnaud Montebourg se sont affrontées à plusieurs reprises, notamment sur la question de la nationalisation du site de Florange. Aujourd’hui, avec la séparation des finances et de l’économie, Sapin et Montebourg vont essayer d’autres figures de ce kamasutra politique. Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls ont tout les deux cité Mendès France dans leur discours de passation de pouvoir : « gouverner c’est choisir, gouverner c’est dire la vérité »… Ils savent donc que leur problème c’est l’ambiguïté… En réalité, la maxime de Mendès reformatée pour la situation d’aujourd’hui serait plutôt « présider c’est choisir, présider c’est dire la vérité ».

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