... Ou le contraire. Ce qui se passe en ce moment au PS ressemble au désordre mais c’est peut-être une mise en place, comme un précipité en chimie qui serait en train de s’opérer devant nos yeux. Ça bouillonne, ça fume, ça menace de déborder mais l’issue semble se dessiner : DSK candidat et les autres derrière, loin derrière. Les personnalités socialistes qui sont proches de Martine Aubry ont remarqué que quand ils lui parlent de son éventuelle candidature, celle-ci répond par des phrases du genre : « j’assumerai mes responsabilités, je ne me défilerai pas » bref, Martine Aubry semble être dans la mission, le sacrifice plus que dans l’ambition. C’est peut-être plus vertueux mais ça ne rassure pas les cadres du PS qui maintenant doutent de sa réelle volonté d’y aller. Donc nous sommes dans la situation suivante : Dominique Strauss-Kahn a des sondages exceptionnels, le spectre de la théorie des dominos de la crise financière hante de plus en plus les esprits : Grèce, Irlande, Espagne... Qui seront les suivants? Dominique Strauss-Kahn va être au centre de l’actualité internationale en sauveur ou en fossoyeur selon ce que l’on pense de son action… mais il y a une phrase assez maline de Gérard Collomb, maire de Lyon, qui résume ce que les Strauss-kahniens vont commencer à distiller : « Dominique Strauss-Kahn reviendra, soit en président de la république soit en patron du FMI ». L’idée de l’homme providentiel, le « lui ou le chaos » fait son chemin. Les communicants de DSK ne sont pas manchots même si leurs ficelles commencent à se voir un peu. Mais on ne saura rien des intentions de Dominique Strauss-Kahn avant le mois de juin...Non, même si, sans doute, il se débrouillera pour que l’évidence apparaisse et s’installe petit à petit dans le débat politique. En attendant le grand jeu au PS c’est de se mettre dans la tête du directeur du FMI pour essayer de savoir ce qu’il fera. Jouons donc, une minute au jeu des socialistes. Il y a une petite acrobatie intellectuelle à faire : il faut quand même arriver à se mettre dans la tête d’un socialiste qui se met dans la tête de Dominique Strauss Kahn… et ce n’est pas simple parce qu’il y a deux DSK. Il y a Mister Strauss, l’économiste et monsieur Kahn, l’homme politique. Strauss l’économiste se dit qu’en pleine crise financière, son rôle est plus intéressant et efficace à la tête du FMI. Pour lui qui est régulateur dans l’âme, c’est un moment historique pour tenter d’imposer un cadre à la finance mondiale. Strauss l’économiste ne peut pas abandonner ce poste pour la présidence d’un pays moyen, qu’il faut en plus atteindre après une harassante et incertaine campagne électorale. En plus n’a-t-il pas, dans les faits, déjà rang de chef d’Etat ? Nicolas Sarkozy a tenté de l’en convaincre quand il l’a reçu à l’Elysée en novembre, il avait déployé toute la quincaillerie et les plumeaux de la garde républicaine! … Mais monsieur Kahn, l’homme politique, lui, ne pense pas du tout la même chose. Président de République Française, chef d’Etat, quand on a siégé sur les bancs de l’Assemblée nationale et qu’on a rêvé, gamin en regardant les livres d’histoire devant la liste des rois et président français. Et que des sondages vous indiquent que vous pouvez tout à fait envisager d’ajouter votre nom à cette glorieuse liste, ça vaut mieux que n’importe quel emploi administratif, même prestigieux dans une organisation internationale à 6000 kilomètres de son pays ! Donc on va attendre que mister Strauss et monsieur Kahn se mettent d’accord pour voir de quoi la prochaine élection présidentielle sera faite.

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