Ce soir les signataires du texte pour une primaire à gauche, se réunissent à la Belleviloise à Paris. L’occasion de vous interroger sur l’état de la gauche.

Aujourd’hui la gauche est en morceau, elle n’est pas en état de gagner en 2017. Bien sûr, en matière électorale, aucune prédiction à un an et 1/2 n’est possible. La capacité d’autodestruction d’une droite qui se livrerait à une mauvaise application des primaires par un affrontement d’hommes providentiels, est toujours envisageable. Face à Marine Le Pen, François Hollande, dans des circonstances imprévisibles et accidentelles, pourrait s’engouffrer dans une fenêtre d’opportunité politique, pour se faire réélire. Pourtant aucun débat n’a été réellement tranché. Ce qui a été efficace pour se faire élire mais rend l’exercice du pouvoir impossible et donc la réélection problématique. La gauche dans son ensemble, (pas celle qui gouverne en ce moment et qui doit peser, toute mouillée 20%) mais la gauche dans son ensemble, est un patchwork hétéroclite. Le FG divisé entre le parti de gauche et le PC, EELV qui fond plus vite que la banquise alors que ses idées sont validés chaque jours un peu plus, et le PS sans ligne claire, ne peuvent constituer un équipage crédible. D’ailleurs ils ne veulent pas être ensemble. Mélenchon trouve Hollande pire que Sarkozy et Valls ne déteste rien tant que le gauchisme sociétal du reste de son camp qui le lui rend bien.

Les partis de gauche semblent donc irréconciliables. Mais qu’en est-il du peuple de gauche ?

Comment le savoir ? Il existe en France une multitude d’associations, d’initiatives alternatives pratiquées par des militants que l’on pourrait classer à gauche. Cette nébuleuse active mène une vie parallèle à celle des partis. Ce peuple et ces partis se rencontrent encore quelques fois (de moins en moins), lors de scrutins, pour faire barrage au FN. Et encore, les électeurs de gauche sont maintenant priés de se tourner plutôt vers la droite pour contrer plus efficacement l’extrême droite. La gauche politique, pour retrouver le pouvoir (le vrai pouvoir) pas simplement ses attributs, doit trancher ses débats : quel horizon ? Quelle politique économique surtout ? Celle d’Emmanuel Macron, de Daniel Cohen, de Thomas Piketty, de Frédéric Lordon ? Autrefois entre socialistes et communistes, la différence était une question de degré : quelle doit être le niveau de l’Etat dans l’économie ? Aujourd’hui, ce sont des différences de nature. Que produire, comment, pourquoi, avec quelle énergie, en se servant de la mondialisation ou en la combattant ? Le sujet Notre-Dame-des-Landes, c’est à dire la question même de la nature de la croissance, montre le monde qui sépare, non pas Macron et Mélenchon mais même Valls et Royal ! La gauche étant le parti du mouvement, elle est souvent en désordre conceptuel et idéologique. En ce moment c’est un sacré foutoir. Dans ces conditions, elle est au pouvoir sans véritablement l’avoir. Avant de se chercher un candidat pour l’Elysée, il lui faut d’abord ranger sa chambre et ses idées pour qu’en 2017, elle puisse espérer (mais n’est-ce pas déjà trop tard ?)… espérer être mais surtout avoir le pouvoir.

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