Pénurie de logements sociaux… certaines villes continuent à ne pas respecter la loi en la matière.

Oui, hier la fondation Abbé Pierre rendait son rapport annuel sur le mal logement, l’occasion de faire le point sur l’efficacité de la loi SRU, loi qui fixe des objectifs de construction de logements sociaux aux communes. Elles doivent tendre, selon les cas, vers 20% ou 25% de logements sociaux. Ce n’est pas simplement la pénurie qui pose problème, c’est aussi la mauvaise répartition des logements sociaux (et très sociaux) sur le territoire. L’inégalité spatiale ne se combat efficacement qu’en forçant les communes les plus riches, à faire construire plus de logements sociaux. Les politiques de réduction  des inégalités territoriales, qui entrainent de la mixité sociale, utile à tous, ont l’immense avantage de contribuer à régler, mécaniquement, bien d’autres inégalités, comme l’inégalité scolaire et toutes celles qui en découlent.  

La loi SRU fonctionne-t-elle ?  

Oui, la moitié des constructions de logements sociaux, ces dernières années, en découle. Et si elle avait été respectée partout, le rapport du maire de Chambéry, Thierry Repentin, sur le sujet, estime que nous aurions 600.000 logements de plus ! Il y a donc des mauvais élèves. Une région se détache : Provence-Alpes-Côte-D’azur. Parmi les 20 villes les moins allantes pour construire des logements sociaux, 16 sont en PACA : Nice, Cannes, Aix-en-Provence, Toulon, Antibes sont à la traine et les préfets, visiblement, ne sont pas très insistants vis-à-vis de ces maires récalcitrants et influents. En Ile-de-France il y a toujours, parmi les derniers dans la réalisation de leurs objectifs, Levallois-Perret (la cité Balkany) et la très riche Neuilly-sur-Seine. Ces deux villes, comme toutes celles qui entendent rester des ghettos dorés, pourraient être qualifiées, pour le coup, de quartiers à problèmes, presque des zones de non droit ou d’optimisation du droit puisque ces villes s’évertuent à préférer payer des pénalités de non-respect de leurs objectifs plutôt que de participer à la cohésion des territoires, pendant que bien des villes populaires se débattent avec des taux de logements sociaux supérieurs à 50%. La fameuse archipelisation du pays que l’on est prompt à dénoncer quand il s’agit de communautarisme est aussi le fait de communes riches, elles-mêmes en repli identitaire et social. Le rapport Repentin montre bien que la loi SRU (qui couvrait la période 2000/2025) a été efficace mais trop facilement détournée. Il propose de la pérenniser et de la renforcer. La réforme des APL avait appauvri les offices HLM et donc freiné le rythme de la construction. Aujourd’hui, changement de pied, le Premier ministre se dit prêt à muscler la loi SRU. Ce serait le pendant social promis de la loi contre les séparatismes. Le lobby des villes riches va s’arc-bouter mais la bonne nouvelle pour les promoteurs de cette loi,  c’est que la majorité ayant complètement raté les municipales, il n’y a quasiment aucun maire LREM ! Le gouvernement (pour peu qu’il le veuille vraiment) a les coudées politiques franches pour faire finalement une vraie loi sociale et territoriale.  

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