Stéphane Leneuf

Vous revenez ce matin sur la contre-attaque très médiatique hier soir de Nicolas Sarkozy. Médiatique, mais aussi très politique…

Oui et à ceux qui doutent encore aujourd’hui d’un éventuel retour de Nicolas Sarkozy, il suffit de se passer en boucle cet interview pour bien comprendre que l’ex-Président a bel et bien réinvesti le champ politique.

Hier soir Nicolas Sarkozy pour sa défense a préféré contre-attaquer en se présentant comme un homme humilié, choqué, victime d ‘une instrumentalisation politique de la justice, lui l’homme qui n’a jamais commis explique-t-il un acte contraire aux principes républicains et à l’Etat de droit.

Le bras armé de l’offensive anti-Sarkozy serait le syndicat de la magistrature, classé à gauche mais aussi le gouvernement, très clairement ciblé hier soir en accusant François Hollande, Christiane Taubira, Manuels Valls d’avoir menti. Une stratégie de la victimisation d’un éventuel complot. Elle n’est pas nouvelle chez Nicolas Sarkozy. Elle ressemble étrangement à ce que faisait Sylvio Berlusconi qui accusait ouvertement la magistrature italienne d’être majoritairement à gauche. Ce qui ne l’a pas empêché d’être condamné.

Vous avez retenu une phrase particulière dans cette intervention : « tout est fait pour donner une image de moi qui n’est pas conforme à la vérité »

On touche avec cette petite phrase au cœur du problème auquel se heurte aujourd’hui l’ancien président de la République. Cette phrase n’est pas anodine car elle marque une certaine inquiétude de la part de Nicolas Sarkozy. D’abord hier pour la première fois, (il ne l’a jamais fait auparavant) son interview était enregistrée alors qu’il a toujours répondu aux questions des journalistes en direct. Certains y verront une forme de fébrilité.

Car l’image de Nicolas Sarkozy est écornée. Même s‘il reste très populaire auprès des militants UMP, chaque fois que son nom est évoqué dans les médias c’est plus à propos d’un problème ou des problèmes (judiciaires en l’occurrence) que sur des solutions qu’il pourrait apporter aux pays.

Or les Français aujourd’hui veulent avant tout que les politiques leur apportent des solutions, plutôt que d’incarner des problèmes. Nicolas Sarkozy deviendrait un obstacle plus qu’un atout dans la perspective de la présidentielle pour son propre camp.

A ce titre un sondage BVA publié par Le Parisien ce matin montre que, aux yeux des Français, ce n’est plus Nicolas Sarkozy qui incarne l’avenir de l’UMP pour la présidentielle mais Alain Juppé.

Ce n’est donc pas anodin si hier soir, à plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy a pris les Français à témoin. Une manière de prendre rendez-vous avec eux en expliquant que ses ennuis viendraient d’une gauche au pouvoir qui serait inquiète du retour du seul homme politique qui pourrait venir en aide à la France. Manière une nouvelle fois d’agiter le mythe du sauveur.

Hier soir, il est apparu que Nicolas Sarkozy ne renonçait pas à son ambition présidentielle, mais la forme de son retour n’est pas celle qu’il souhaitait ou qu’il avait sans doute déjà scénarisée.

Il a décidé de faire de cette épreuve le premier acte de son retour. La première pierre a été posée lors de cette interview. Deuxième acte fin août début septembre lorsqu’il se prononcera sur sa volonté de prendre ou non la présidence de l’UMP, ce qui semble de plus en plus probable. Attention ça va cogner sévère au sein de l’UMP…

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