La droite sans boussole...

LR va se choisir un président et aucun des 4 candidats n’est une figure nationale, si ce n’est, peut-être, Christian Jacob, le président du groupe parlementaire, que l’on connaissait en bon soldat de la chiraquie, passé bon soldat de la sarkozie, soldat discipliné mais dubitatif de l’ère Wauquiez et qui, faute de mentor assez cinglé pour prendre la tête d’un parti de droite classique (par ces temps de populisme, d’écologisme ou de disruption), se décide à y aller pour garder les murs... avant reconstruction ou démolition ! Il ne faut pas s’acharner contre LR, reprocher à ses dirigeants de n’avoir pas su recréer l’UMP, parti rampe de lancement de Sarkozy ou le RPR, cap Canaveral de la fusée Chirac. Ce n’est plus l’époque des grands partis de droite et du centre. Comme la social-démocratie, la droite européenne, démocrate-chrétienne et son pan français a fait son temps sur les scènes nationales. Elle a contribué à construire une France et une Europe en paix, plutôt prospère, un modèle social unique au monde... Elle continue, on l’a vu  cette nuit, à stabiliser et à offrir à l’Union des solutions de coalition et du personnel taillé pour exercer le pouvoir continental ou local. Mais nationalement, c’est-à-dire dans le cadre de la plus forte circonscription de légitimité démocratique, droite classique et social-démocratie se lézardent. Laurent Wauquiez avait compris ça et avait cru trouver une solution : faire du populisme de droite pour contrer le … populisme de droite. Ça n’a pas marché. D’autres le font mieux que lui... Du moins, avec plus de sincérité. Pourtant la droite classique est encore vivante en France, certaines de ses figures tentent de se réinventer dans l’action. 

Mais ils travaillent hors du parti...hors de LR...

Oui, Xavier Bertrand tente une sorte de droite pragmatique et sociale dans son face à face régional avec le RN, seule opposition représentée à l’Assemblée des Hauts de France… Valérie Pécresse essaie une droite plus libérale-citadine en Ile-de France… les deux tentent de s’adapter au monde qui vient en expérimentant sur leur territoire de quoi peut-être nourrir un projet présidentiel. Mais ils peinent –pour l’instant- à théoriser quelque chose de nouveau et à proposer une offre politique globale, cohérente et attractive. La vie est dure pour le PS et LR, qui n’arrivent plus à exister, nationalement, comme forces d’avenir et doivent se contenter d’essayer de rester visibles dans les interstices d’une construction politique tripartite, En Marche/RN/écologie. Ce qui est injuste, c’est qu’en réalité 95% de la politique locale, régionale, départementale ou municipale (politique d’ailleurs mieux appréciée des Français que celle du gouvernement et de l’Etat) est le fait des socialistes classiques et de la droite modérée. Finalement le PS et LR sont un peu comme nos vielles  voitures breaks familiales. Elles continuent à nous rendre bien  des services mais on sait que leurs moteurs anciens (critère 3 ou 4) ne seront bientôt plus de mise. Qui peut reprocher à Ch.Jacob d’être une bonne Mégane diesel de 2007. Et de faire son dernier tour ? 

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