Vous revenez ce matin sur les perdants et les gagnants des municipales et sur un paradoxe : si les élections présidentielles avaient lieu dimanche, toutes les enquêtes d’opinion placent en tête Emmanuel Macron et Marine Le Pen et, loin derrière mais quand même en troisième position, Jean-Luc Mélenchon.

Les perdants de dimanche dernier sont dans l’ordre : loin devant, la La République en marche ! , naufrage absolu… Puis La France Insoumise et sa stratégie boudeuse, enfin le Rassemblement National qui a démontré la pauvreté de son encadrement territorial. 

Voilà le paradoxe : si les élections présidentielles avaient lieu dimanche, toutes les enquêtes d’opinion placent en tête Emmanuel Macron et Marine Le Pen et, loin derrière mais quand même en troisième position, Jean-Luc Mélenchon ! 

En revanche, ceux qui ont brillé aux municipales (et sont en bonne position pour les régionales et les départementales de l’année prochaine), les écologistes, Les Républicains et le PS, n’arriveraient pas à placer un présidentiable sur le podium. 

Le plus frappant, c’est le cas Macron, possiblement réélu, d’après les sondages, mais qui n’a pas su fonder de parti politique, pas pu implanter son mouvement et n’a toujours pas réussi à se créer une identité politique, une colonne vertébrale idéologique. 

Cette dé-corrélation entre l’élection présidentielle et les élections locales dit beaucoup de la désidéologisation et de la désaffiliation politique de nos concitoyens. L’élection présidentielle (selon l’esprit de la Vème) structure la vie politique. Tous les 7 (puis tous les 5 ans), ce rendez-vous démocratique fait s’affronter des personnalités, des destins. 

En votant pour l’un ou l’autre des candidats, on se choisit une figure qui nous représentera, ou plutôt on élimine une figure par laquelle nous n’aimerions pas être représentée. On choisit ou repousse, à grands traits, des visions du monde, de vagues projets. La mécanique du fait majoritaire complétée par un calendrier de la présidentielle (immédiatement suivie par les législatives) offrent une majorité automatique au président élu.

Un fait nouveau apparaît, le PS, Les Républicains et les écologistes semblent dévolus à la gestion territoriale, aux collectivités locales… La République en marche !, le Rassemblement National et La France Insoumise, eux, sont destinés à concourir à la présidentielle. 

Ce qui créé une assurance tout risque pour Emmanuel Macron.

Comme s’il y avait une spécialisation des partis

Oui, la mort des visions globales et cohérentes crée cette spécialisation. A la présidentielle, les partis qui n’existent que par leur chef. Sans Emmanuel Macron, La République en marche ! ne pourrait pas exister. Marine le Pen, à la tête de la marque Le Pen, est le seul cerveau utile du Rassemblement National. Et bien qu’elle s’en défende, bien même qu’elle proclame le contraire, fasse mine d’être un mouvement citoyen horizontal, La France Insoumise ne pense que par Jean-Luc Mélenchon. La ligne du parti est fixée par un petit groupe de personnes autour du chef qui synthétise et porte sur son nom et par sa verve le principal des positions insoumises. Sans Macron, Le Pen et Mélenchon, La République En Marche, le Rassemblent National et La France Insoumise ne seraient pas… Sans Faure, Jacob ou Bayou, les PS, Les Républicains et EELV seraient les mêmes.

D’ailleurs ces trois derniers personnages sont assez raisonnables pour ne pas prétendre être candidats en 2022. La France vit sur deux débats politiques parallèles. C’est bancal. La faute à la sacro-sainte et infantilisante élection présidentielle, que personne, mise a part les insoumis, proposent de supprimer ou de modifier…

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