Une pétition d’intellectuels et de politiques paraît cette semaine dans « Télérama » pour dénoncer le mode de nomination du patron de France Télévision, par le Président de la République.Oui et en plus, de nombreux parlementaires, notamment de la majorité estiment qu’il ne faut pas supprimer la publicité avant 20 heures sur les chaines de télés publiques telle que c’était initialement prévu. C’est vrai que dans le contexte de crise financière et de lutte contre les déficits, il serait assez étrange de se priver d’une source de financement qui, jusqu’ici ne gênait pas grand monde. Bref la réforme de l’audiovisuel public est attaquée et contestée sur deux fronts. Le Tout-Paris politique et médiatique bruisse des rumeurs sur la future nomination du patron de France télévision. Que veut le président ? Nicolas Sarkozy glisse des demi-confidences à ces visiteurs du soir, on dit qu’il s’intéresse au contenu des futurs programmes. Ses propos sont répétés, sans doute déformés et de jour en jour la côte de tel ou tel prétendant monte ou baisse. Alexandre Bompart, le patron d’Europe 1, promis au poste est ainsi l’objet de ces hésitations réelles ou feintes d’un président faiseur de rois du paf. Il y a ceux qui savent ou croient savoir, il y a ceux qui ne savent pas et disent savoir, bref il y a toutes les conditions réunies pour activer les mécanismes ridicules de courtisaneries et les luttes d’influences propre à notre vieille république néo-bananière en matière de communication. Ce climat est assez détestable. Il est surtout la marque d’une affligeante culture de tutelle audiovisuelle dépassée et pour ne pas dire totalement ringarde… le président de la république peut toujours nommer qui il veut, on ne contrôle plus la télévision comme au temps du Général et de son Alain Peyrefitte, ni même comme à l’époque (plus libérale mais quand même encore très dirigiste) de François Mitterrand et son Georges Fillioud. Si, sous la prochaine présidence de France télévision, les rédactions de France 2 ou France 3 subissaient quelques pressions que ce soit, ça se saurait tout de suite, ce serait dénoncé par le reste de la presse et Nicolas Sarkozy serait la première victime de ce climat. On ne dirige plus les journalistes comme au vingtième siècle ou comme en Italie. Tenter d’influencer ou faire pression sur les journalistes est donc contreproductif… ça se voit, comme un nez au milieu de la figure, comme, comme une grosse tache de propagande au milieu d’un écran plat. Vous parlez de la télé… mais la radio publique aussi est soumise à ces nouvelles règles.Oui, notre patron est nommé par le président ! Et pour bien faire comprendre qu’il n’abuserait pas de son nouveau pouvoir anachronique, le président de la république a nommé Jean-Luc Hess dont tout le monde loue l’indépendance. Ce ne sera peut être pas le cas du patron de France télévision mais le résultat, pour l’instant (et pour longtemps) en terme de liberté de ton sur Radio-France est là, chacun peut en juger… En réalité je crois que nous sommes vernis. Nous sommes tranquilles parce que Nicolas Sarkozy, enfant de la télé ne s’occupe pas beaucoup de la radio et c’est très bien ainsi ! Jean-Luc Hess dit n’avoir reçu aucun coup de fil de l’Elysée. Et nous n’avons jamais aucune remarque non plus. Je sais c’est assez décevant pour tous les théoriciens du complot, pour tout ceux qui pensent que nous vivons en dictature douce. Hé bien non, on dit ce que l’on veut mais le problème c’est que désormais, quoi que fasse la direction, quoi qu’elle décide le soupçon pèsera sur elle à cause de la façon dont elle a été nommée. La nomination des patrons de l’audiovisuel directement par le président de la république crée une suspicion permanente. Pouvoir la critiquer ici, à cette heure là et de cette façon prouve, que (pour la radio au moins) elle n’a pas d’effet sur notre liberté…simplement sur l’ambiance générale. Le piège est là : le dire ici c’est la preuve que l’on est libre, se sentir obliger de le dire ici, c’est la preuve d’un malaise... l’impression que l’on modernise en marche arrière.

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