Laurent Wauquiez démissionne... conséquence de l’échec d’une ligne politique…

L’échec de FX.Bellamy est la preuve que ce qui plombe la droite dite de gouvernement n’est pas la personnalité clivante, jugée peu sincère de Laurent Wauquiez, mais l’offre politique que ce dernier proposait. FX.Bellamy, beaucoup moins agressif et plus vrai que Laurent Wauquiez, n’a pas recueilli l’assentiment de l’électorat de droite. Le problème n’était donc pas l’homme Wauquiez mais son message conservateur. Seulement la question est d’abord celle de l’état de l’affiliation politique des Français. Où sont les électeurs de droite ? Où sont les électeurs de gauche ? Est-ce que finalement l’écosystème économique et social mondialisé, l’hyper connexion de tous et de tout, ne conduit pas à une désaffiliation politique grandissante. De nombreux chercheurs en sciences politiques travaillent sur cette notion (extension dans le domaine politique de la désaffiliation sociale, théorisée par le sociologue Robert Castel). Il n’y aurait plus (ou beaucoup moins qu’avant) de Français de droite, de gauche, fidèles à une ligne d’une élection à l’autre. Il ne servirait donc à rien –pour un parti- de se demander comment récupérer son électorat habituel. Et se baser sur ce que veulent ses propres militants serait l’assurance d’être en décalage avec la société! La question serait plutôt, pour les responsables de partis, puisqu’ils restent, eux, les héritiers d’une lignée politique : quelle est l’offre pertinente du moment ? Là, par exemple, la gauche doit, de toute évidence, faire une offre écologiste.

Et Laurent Wauquiez pensait, lui, qu’il fallait faire une offre conservatrice.

Et il s’est trompé. C’est une question de compréhension du moment historique que nous vivons. Une question d’interprétation des mouvements de la société. Depuis 2015, une bonne partie des responsables de droite (au 1er rang desquels Nicolas Sarkozy, d’où son cuisant échec à la primaire en 2016) a été victime de l’illusion d’optique de la Manif Pour Tous. Ils ont mal interprété la puissance, le dynamisme, la capacité mobilisatrice sur le pavé et les décibels produits par ce mouvement d’opposition au mariage homosexuel. Mouvement qui a fait croire à Nicolas Sarkozy, puis à Laurent Wauquiez, que le conservatisme sociétal était le noyau à partir duquel il fallait reconstruire. D’autant qu’un tel phénomène se vérifiait à l’est de l’Europe par exemple. Ils pensaient que ce bruit, ce tumulte, était celui d’une émergence alors qu’il était celui d’une disparition, le cri d’angoisse, la manifestation fracassante, justement, d’un monde qui s’efface. La popularité aujourd’hui quasi consensuelle du Mariage Pour Tous le montre. Laurent Wauquiez a regardé les évènements dans le rétroviseur. Le rétroviseur montre ce qui est derrière, mais surtout c’est un miroir ! Et un miroir, ça montre les mouvements à l’inverse de ce qu’ils sont vraiment. En réalité, la droite est en ce moment soit libérale, européenne (donc macroniste), soit identitaire, nationaliste (donc Lepeniste). Elle n’est pas conservatrice. Elle peut être nostalgique mais – tient, comme Michel Serres !- elle sait que ce n’était pas mieux avant. Laurent Wauquiez s’est laissé berner par une niche sociologique déclinante, revendicatrice, qui s’exprime aisément et partout. Mais une niche. 

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