2H40 de débat musclé entre la candidate socialiste et le candidat de l'UMP. Que retenir de ce débat ? Y a-t-il ce matin un vainqueur et un vaincu ? On voulait de la confrontation : on en a eue ! Echanges très vifs entre les candidats sur l'immigration, les retraites, le nucléaire avec erreur partagée d'ailleurs sur le dossier, véritable dialogue sur leurs valeurs et leurs propositions. Et puis on a vu aussi, malgré la pression et la tension de ce moment très particulier, qui ils étaient et sûrement quel chef d'état ils feraient. De ce point de vue là, démocratiquement parlant, c'était intéressant. Alors qui a gagné, qui a perdu ? Regardons quelle était leur feuille de route au départ et quelle a été leur prestation vespérale. Ségolène Royal : en position de challenger, elle devait montrer qu'elle était pugnace. Ah, elle a fait le job, façon guérilla - en imposant le tempo du débat, ses thèmes, même Poivre d'Arvor et Arlette Chabot n'y ont pas pu grand chose. Elle devait être à l'offensive pour marquer des points, elle l'a été, confrontant immédiatement Nicolas Sarkozy à son bilan, narquoise face à ses contradictions "laissez les gens libres, n'imposez pas aux travailleurs de travailler plus" lance-t-elle, lancé au chantre de la liberté individuelle ou encore "merci le Medef" persifle-t-elle à l'attention de l'admirateur de Blum et de Jaurès. Elle devait rassurer sur sa crédibilité. Là, elle s'est plusieurs fois fait renvoyer dans ses cordes dès qu'elle a manqué de précision. Notamment sur sa nouvelle taxe pour financer les retraites. Nicolas Sarkozy, favori, lui n'avait qu'un cap à tenir, garder ses nerfs, calme cool zen comme diraient les guignols. Dérouler son programme et attendre que ça passe. Il ne s'est jamais emporté, "le mot bilan ne me fait pas partir en courant" a-t-il assuré tranquillement. Il a prouvé sa connaissance des dossiers, il a un peu souvent joué au prof avec Ségolène Royal, frisant parfois la morgue "vous mélangez tout Madame", frôlant la ligne jaune quand il tente de la mettre 3 fois en porte à faux vis à vis de François Hollande. Alors c'est comme à l'Eurovision, un point partout ? Oui sauf qu'il y a eu ce curieux moment de télé, vous savez l'instant où tout peut basculer, cet échange qu'on va retrouver dans les archives de l'INA et qui symbolisera l'affrontement de 2007. Cette colère de Ségolène Royal. "Colère saine et révolte contre l'immoralité en politique" dit elle pour dénoncer le hiatus entre les promesses de son adversaire sur la scolarisation des enfants handicapés et l'action des gouvernements auxquels il a participé. Colère face au calme olympien, presque interdit de Nicolas Sarkozy. "Vous perdez vos nerfs Madame, attention aux mots que vous utilisez, ils peuvent blesser." L'un et l'autre à contre emploi, pris à contre pied. La madonne qui s'emporte, l'homme aux mots aiguisés qui devient agent de tempérance. Moment de théâtre ou moment de vérité ? En tout cas, ce sont parfois ces moments là, ces images là qui portent, celles qui peut-être vont faire bouger quelques voix. Combien? C'est ce qu'on mesurera dimanche. Mais le simple fait qu'on se dise ce matin qu'il n'y a ni vainqueur, ni vaincu, attention, ce n'est pas un jugement de centriste ! joue tout de même plutôt en faveur du favori d'avant la confrontation, Nicolas Sarkozy.

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