Vous revenez sur l’affaire des quotas à la Fédération française de foot : Chantal Jouanno, la ministre des sports a du préciser hier « qu’elle n’avait jamais demandé la tête de Laurent Blanc ».Oui comme si certains s’apercevaient tout à coup qu’on avait peut-être été un peu loin dans les commentaires et les accusations de racisme dans cette affaire. Nous sommes un pays épidermique sur ces questions en raison, entre autres, d’un paradoxe conceptuel que nous vivons tous les jours : notre société, au nom de son idéologie républicaine ne reconnaît pas les races, pourtant, personne ne peut nier que le racisme existe. Les races n’existent pas ! Mais le racisme oui ! Nous voilà bien ! Pour combattre le racisme, certains se demandent s’il faut remettre en cause l’individualisme positif, cette idée française selon laquelle il n’y a que des hommes et des femmes égaux en droit et certainement pas de communauté à distinguer ? Nicolas Sarkozy avait proposé, pendant sa campagne, d’instaurer une sorte de discrimination positive dans certains secteurs pour en finir avec l’hypocrisie et hâter la mixité et la diversité. Manuel Valls, à gauche, reprend cette idée. Une démarche qui s’est pourtant vite heurtée, dans la pratique aux traditions républicaines qui sont notre ciment. La discrimination positive est impossible chez nous si l’on estime que l’avenir est à l’universalisme, que la couleur de la peau n’a aucune importance. Si l’on veut combattre le communautarisme, il faut aussi bannir la discrimination positive ou toute politique de quotas ethniques, quelle qu’elle soit, qui sera toujours considérée comme une politique à conséquences racistes. Reproche que vient de subir la Fédération française de foot...Oui, alors qu’en lisant le compte-rendu de la réunion en cause, on constate surtout la « beauferie » xénophobe d’un responsable, d’ailleurs sanctionné depuis. L’idée de quotas évoquée par certains responsables de la fédération n’était pas pensée pour répondre à quelques voix réactionnaires qui se plaignent régulièrement du trop grand nombre de noirs ou d’arabes dans l’équipe de France mais pour tenter de régler le problème des joueurs binationaux. Mais en sourdine, il est aussi souvent question de la couleur des joueurs à propos du système de jeu de l’équipe de France. Avec un présupposé affligeant, on semble considérer que les grands joueurs puissants sont plutôt des noirs et les petits joueurs malins, plutôt des blancs. Si en sport la puissance était forcément l’apanage des noirs, ce serait les équipes de France de rugby ou de handball qui seraient « all black » de peau. Et puis pourquoi vouloir forcément de la diversité ethnique dans une équipe de foot ? Après tout, s’il est bienvenu (et en dehors de tout dictat via la discrimination positive, comme on l’a vu) de favoriser une diversité dans les médias, dans les conseils d’administration, chez nos élus, afin de promouvoir une société métissée, il est insensé de vouloir faire de même dans tous les domaines. L’équipe de France de foot n’est pas un gouvernement, c’est normalement la sélection des 22 meilleurs joueurs du pays. Il se trouve que le foot est un sport populaire principalement pratiqué dans nos banlieues et dans les cités. La couleur de l’équipe de France de foot, c’est la couleur de nos cités. Ça ne devrait rien avoir de problématique en soi ! Comme ça n’a rien de problématique que la quasi totalité de l’équipe de France de rugby soit composée de fils de la classe moyenne du sud-ouest, blanche ayant un accent! Finalement le seul vrai problème que met en lumière cette affaire, c’est que nos cités sont des ghettos ethniques !

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