Crise au sein du patronat français. Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, ne décolère pas contre les conditions de départ de l'ex président de la fédération des industries de la métallurgie. Guerre des courants chez les patrons ou opération mani pulite à la française initiée par le numéro 1 du Medef ? Pour l'instant, les interprétations divergent et sans doute faudra-t-il attendre la fin de l'histoire pour analyser ce qui relève chez Laurence Parisot du règlement de compte et du coup de force. Tout le monde évidemment se souvient que la patronne des patronnes a été élue en 2005 sans le soutien de la métallurgie et sans doute aujourd'hui n'est-elle pas mécontente de trouver une occasion supplémentaire de la voir affaiblie, et ce qui relève aussi de sa volonté de départager les anciens des modernes et de faire advenir un patronat un peu plus propre et transparent qu'il n'a été jusque là. Alors, en attendant, que comprend-on et que retient-on de cette affaire ? La colère d'une femme, une colère largement annoncée avant qu'elle n'éclate sur le plateau de France 2 samedi soir, car qui ne sait pas que Laurence Parisot a interrompu ses vacances, rien que pour montrer cette colère ? La communication patronale peut être d'une efficacité redoutable, mais enfin, c'était une vraie belle colère télévisuelle. Un air outré et des mots forts : "trop, c'est trop, je ne décolère pas. cette affaire abîme l'image des entreprises, du Medef, mon image". Et telle la Liberté guidant le peuple, drapeau au vent, Laurence Parisot va plus loin, appelant directement tous les chefs d 'entreprise, de très petites, moyennes ou grandes entreprises, à la rejoindre dans sa volonté de remise à plat. Colère saine, morale... Sincère ou feinte ? Là est toute la question, mais on a tellement envie d'y croire ! Car ce qu'on retient surtout de cette histoire, c'est l'amoralité qui entoure cette affaire Gautier Sauvagnac, voire le déni démocratique qu'elle pourrait constituer. Les parachutes dorés ? Franchement, on commençait à s'y habituer. L'ex patron de Carrefour, Daniel Bernard, l'ex PDG d'EADS, Noël Forgeard, sont passés par là... Même le montant accordé à Denis Gautier Sauvagnac pour ses bons et loyaux services, 1 million 5 d'euros - d'ailleurs ce matin, son avocat nous explique qu'il en touchera seulement 600 000, une fois ponctionnés les charges sociales et les impôts, une paille - donc même ce montant peut paraître dérisoire. Noël Forgeard avait eu droit lui, à 8 millions 5. Non, ce qui est nouveau, c'est d'avoir les indemnités et l'impunité. Car en acceptant de prendre en charge les éventuelles conséquences financières des retraits pour lesquels Denis Gautier Sauvagnac est mis en examen, l'UIMM suscite forcément le soupçon. Pacte d'omerta, disait hier, François Hollande, puisqu'en gros, si Denis Gautier Sauvagnac ne dit rien des destinataires des fonds, quelque 18 millions d'euros, il sera considéré comme seul bénéficiaire du pactole, et donc susceptible à ce titre d'un redressement fiscal colossal. Pas de problème, on paiera lui a donc dit l'UIMM. Vraie solidarité patronale, bel exemple de "fluidification des relations sociales au sein même du patronat cette fois", mais difficile dans ces conditions de croire en l'efficacité de la justice. Et c'est donc pour tenter de contrecarrer cette image détestable de puissants qui se serrent les coudes contre une justice vaine et dérisoire que Laurence Parisot est montée au créneau. Soutenue, c'est exceptionnel, par la droite et la gauche. Patronne et Morale, candidate du ménage à faire en haut et porte parole du petit peuple des patrons, défenseuse de la responsabilité et de la transparence, elle est la personnalité d'ouverture par excellence. A une semaine des municipales, UMP et PS ont clairement décidé de voter PARISOT ! En terme d'image, elle a déjà gagné.

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