Manuel Valls et Arnaud Montebourg
Manuel Valls et Arnaud Montebourg © MaxPPP

On est forcément dans l’hypothèse plus ou moins bien informée mais très aléatoire ! Et personne ne peut affirmer que les choses sont décidées. Puisque le pouvoir de nomination du Premier ministre est exclusivement celui du Président et que la force de ce pouvoir réside dans l’immédiateté de son effet et donc de la surprise. Le Président peut toujours décider que le chômage doit baisser, ce n’est pas pour ça qu’il baissera ! En revanche s’il décide que Sylvia Pinel (actuelle ministre du commerce et de l’artisanat) doit être nommée à Matignon… ce sera Sylvia Pinel (rassurez-vous ce n’est basé sur aucune information tangible). La vie est mal faite puisque le pouvoir du Président est donc inversement proportionnel à ce qui nous intéresse : il ne peut pas réduire le chômage mais il a le pouvoir de nommer Sylvia Pinel à Matignon ou de a laisser au commerce (ce qui ne pèserait que sur le destin de Sylvia Pinel). Tout ça pour vous dire qu’une rumeur de remaniement est toujours un peu vaine à commenter. D’autant que rien n’indique que, par rapport à la conférence de presse présidentielle de janvier, il soit envisagé de changer quoi que ce soit dans la ligne politique suivie. Cela dit, quand même, derrière les hommes et les femmes, il y a plusieurs façons d’incarner la ligne présidentielle ! Et en ce moment, par exemple, un duo manifeste une solidarité surprenante au premier abord ! Manuel Valls et Arnaud Montebourg… Ils effectuent des déplacements ensemble et semblent jouer une sorte de Chevallier et Laspalès (Ou Poiret et Serrault pour les plus anciens).Valls à Matignon ?

Et Montebourg, qui a une image plus à gauche ferait, dans un gouvernement Valls, un beau contrepoids à Bercy. Les deux hommes ont en commun un côté hussard ou capitaine de cavalerie, l’audace, le sens de la transgression qui seraient bien utiles au président pour faire passer toutes les pilules nécessaires à la réussite d’une politique de gauche basée sur… 50 milliards d’économie. Le républicanisme clémenciste et intransigeant de Valls, le volontarisme cocardier de Montebourg…tout ça ne fait pas très novateur, certes, mais peut rassurer un électorat déboussolé. Les frères ennemis de la primaire socialiste de 2011 sont, certainement plus complémentaires avec le Président que Ayrault et Moscovici, qui, pour partager totalement la ligne économique sociale-libérale de François Hollande, partagent aussi le coté plan-plan. L’attelage Valls-Montebourg a aussi l’avantage d’être compatible avec l’hypothèse d'un gouvernement resserré dirigé par Fabius, par exemple, dont ils constitueraient la colonne vertébrale. En ce moment cet attelage, sous une forme ou sous une autre, à un lobbyiste de poids situé à 15 mètres du bureau présidentiel. C’est Aquilino Morelle, conseiller spécial de François Hollande et ami des deux sémillants jeunes quinquas. Si cette solution était choisie, disons… entre les municipales et les européennes, quelque part en avril… une chose est sûre, les écologistes n’en seraient plus ! Enfin cet attelage renouerait avec la politique de l’annonce forte, du verbe haut et de la communication agressive en vigueur sous Nicolas Sarkozy. Un style politique, qui doit aller de pair avec une véritable amélioration de la situation économique. Si non, du fait de la différence flagrante entre la puissance des mots et la faiblesse des résultats- nous allons encore monter d’un cran dans la défiance que manifestent les Français envers les responsables politiques.

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